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Un éleveur convoqué à la gendarmerie à cause de ses 10 vaches

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Wikimedia

Une plainte a été déposée contre un éleveur de Haute-Savoie. Objet du délit: ses dix vaches qui empruntent deux fois par jour une route entre sa ferme et les champs.

Il a reçu une visite des gendarmes et a été convoqué à la gendarmerie. Julien Chatelain, un éleveur de Vailly, un village de 900 habitants en Haute-Savoie, à une vingtaine de kilomètres de Thonon-les-Bains, risque une amende.

En cause: sa dizaine de vaches qui empruntent, deux fois par jour, 800 mètres d'une route communale entre sa ferme et le champ où les ruminants paissent. Un habitant a déposé plainte contre lui pour "obstruction de la voie publique", rapporte Le Parisien.

L'agriculture est "nourricière"

Selon le quotidien, "le plaignant aurait estimé que, faute de panneau signalant un passage d'animaux, l'agriculteur était en infraction". Le jeune homme de 27 ans, qui s'est lancé en février dernier dans la production de lait avec son frère, a raconté sa mésaventure sur sa page Facebook.

"Nous venons de quitter messieurs les gendarmes qui sont venus nous annoncer qu'une plainte a été déposée contre nous car nous empruntons la route deux fois par jour avec nos vaches pour la traite", raconte-t-il.

Dans le même post, Julien Chatelain rappelle combien l'agriculture est "nourricière", qu'il faut la "défendre" plutôt que de voler au secours des "citadins qui n'ont toujours pas compris qu'ils mangent grâce à notre dur labeur".

"Qu'on me laisse travailler"

Son témoignage a reçu de nombreux soutiens. "On marche sur la tête", estime un internaute. "Bon courage à vous", le réconforte un autre. "N'importe quoi", juge un utilisateur du réseau social. "Honte à celui qui a porté plainte", tranche un autre.

Interrogé par Le Parisien, le jeune éleveur n'a aucune idée de l'identité de celui ou celle qui a porté plainte contre lui mais estime qu'il s'agit certainement "d'une personne venue s'installer récemment et qui ne supporte pas de patienter quelques instants au volant de sa voiture, derrière les vaches". 

"Je ne comprends pas que quelqu'un m'en veuille à ce point-là. Je ne pensais pas déranger avec mes vaches. Je suis obligé d'emprunter cette route avec mes bêtes. Qu'on me laisse travailler."

Une mésaventure qui en rappelle une autre à Biot, une petite commune voisine d'à peine 600 habitants. Une vingtaine de personnes ont signé début septembre une pétition envoyée au maire contre les bruits de cloches des animaux. "Le bruit constant des cloches en face, tout au long de la journée et même la nuit est insupportable", assuraient les signataires, qui étaient des résidents secondaires. Maisle maire avait assuré qu'il n'était pas question de toucher aux cloches.

Céline Hussonnois-Alaya