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De nouvelles vidéos dénoncent l’abattage de vaches enceintes à Limoges

Les images ont été tournées entre mai et septembre à Limoges, dans le plus grand abattoir municipal de France.

Les images ont été tournées entre mai et septembre à Limoges, dans le plus grand abattoir municipal de France. - Capture d'écran L214

L’association de défense des animaux L214 a publié, jeudi matin, de nouvelles images tournées dans un abattoir de Limoges. Brigitte Gothière, l'une des co-fondatrices de l’association a répondu à nos questions.

L’association de protection animale L214 a filmé, pour la première fois, des vaches laitières enceintes mises à mort dans les abattoirs, révèle le journal Le Monde.

"Peu d’employés et d’éleveurs savent que leurs vaches sont enceintes", explique Brigitte Gothière à BFMTV.com. "Elles sont inséminées toute l’année, résultat on a vraiment du mal à cerner quand elles portent un petit ou non".

Une fois les vaches abattues, les employés découvrent alors que certaines portent un fœtus. Envoyés dans la boyauderie, les utérus y sont tranchés, les poches vidées et la bête à naître est sortie. "Ils finissent dans la partie déchets de l’abattoir", continue Brigitte Gothière "ils peuvent ensuite servir comme engrais".

Attention, les images de cette nouvelle vidéo sont difficiles à regarder. 

Une pratique légale

A ce jour aucune législation n'interdit cette pratique. Seul un règlement européen de 2004 bannit le transport de "femelles gravides qui ont passé au moins 90 % de la période de gestation", rappelle Le Monde.

L'association, fondée en 2008 par Brigitte Gothière et Sébastien Arsac, souhaite l’abolition totale de toute exploitation animale. En d'autres termes, la fin de l'élevage et des abattoirs, qu'ils soient industriels ou familiaux.

D'où leur nom énigmatique. L214 renvoie à l'article du code rural, le premier texte de loi qui, en 1976, reconnaissait que les animaux étaient doués de sensibilité.

"Ces actes étaient insoutenables"

Aussi pour "dénoncer ces pratiques indignes", ces antispécistes récupèrent des vidéos de mises à mort d'animaux filmées en caméra cachée par des militants embauchés pour l'occasion, des personnes qui ont accès aux locaux ou encore des employés. Une commission parlementaire avait été ouverte en avril 2016. Les conclusions du rapport ont été rendues en septembre. Le député de gauche, Olivier Falorni avait alors demandé, entre autres, la mise en place de vidéo surveillance dans les abattoirs. 

Dans cette nouvelle vidéo, pour la première fois, l’employé à l'origine de ces images témoigne à visage découvert. "On savait que cette pratique existait, mais on pensait que cela arrivait de manière occasionnelle. Un ouvrier, Mauricio Garcia-Pereira, nous a alors contacté car pour lui ces actes étaient insoutenables", raconte Brigitte Gothière à BFMTV.com. 

Elodie Hervé