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Et si les gaz à effet de serre émis par les vaches venaient... des antibiotiques?

Des vaches dans un pré (photo d'illustration).

Des vaches dans un pré (photo d'illustration). - Nicolas Vigier - Flickr

Une étude révèle qu'en agissant sur la flore intestinale des ruminants, les antibiotiques sont responsables d'une large part des émissions de méthane de leur fumier.

Il est de notoriété que les vaches ont leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique. Les bouses et pets qu'elles dégagent émettent des gaz à effet de serre (GES), et pas des moindres: 15% des GES issus des activités humaines viennent de l’élevage. Mais une nouvelle étude scientifique vient faire le lien entre ces émissions et nos méthodes d'élevage. 

Une étude internationale, publiée mercredi dans la revue Proceedings of the Royal Society B et repérée par Le Monde, s'est penché sur l'impact que les antibiotiques administrés aux ruminants peuvent avoir sur leur flore intestinale et leurs excréments, et par là-même sur les gaz à effet de serre émis et sur les bousiers, ces petits insectes qui se nourrissent du fumier des animaux.

1,8 fois plus de méthane

Cette équipe de chercheurs emmenée par Tobin Hammer, de l'université américaine du Colorado, a mené une expérience en établissant deux petits troupeaux de cinq vaches: le premier a reçu pendant trois jours une antibiothérapie à base de tétracycline, le second, non traité, a servi de groupe témoin. Les scientifiques ont ensuite mesuré l’émission de CO2, de méthane et d’oxyde nitreux d'une partie des excréments. Sur les autres échantillons, des bousiers ont été installés avant de laisser agir la nature. 

Résultat: les bouses provenant d’animaux ayant suivi l'antibiothérapie ont émis 1,8 fois plus de méthane que les excréments produits par les vaches du groupe témoin. Concernant les bousiers, le résultat est plus positif. Les insectes ne semblent pas souffrir de la présence, dans leur nourriture, de résidus d’antibiotiques, puisqu'il n'a été mesuré aucun effet significatif sur leur taille, leur reproduction, leur survie ou sur leurs larves.

Même si cette étude, menée sur un échantillon très réduit et sur un seul type d'antibiotiques, a ses limites, elle a le mérite d'établir un lien nouveau que d'autres expériences pourront approfondir. A terme, cela pourrait remettre en question nos pratiques d'élevage, qui donnent aux animaux des antibiotiques en abondance, que ce soit en cas de maladie, comme traitement préventif ou comme complément alimentaire.

Ma. G.