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Un dispositif de pré-plainte en ligne contre les actes racistes et antisémites

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- - Lionel BONAVENTURE / AFP

Cet outil, déjà en œuvre pour les atteintes aux biens, devrait permettre de mieux caractériser la nature antisémite des actes de haine, comme le meurtre de Mireille Knoll.

"Libérer la parole des victimes" d'actes antisémites et racistes: telle sera la mission du dispositif annoncé ce jeudi par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, dans un discours devant le Crif à Marseille.

Jusque-là réservé aux atteintes aux biens, cet outil en ligne qui permet d'enregistrer une pré-plainte va être étendu, à compter de ce jour, "aux infractions à caractère discriminatoire", a annoncé le ministre. "Si nous avons recensé 311 actes antisémites en 2017, ils sont sans doute en réalité beaucoup plus nombreux", s'est alarmé Gérard Collomb.

"Cela permettra de commencer l'enquête et ce n'est qu'ensuite que la personne se verra proposer un rendez-vous avec un agent formé, pour valider sa plainte", a précisé le ministre.

Des enquêteurs dédiés à la lutte contre l'antisémitisme

Toujours dans l'optique de "poursuivre plus efficacement les auteurs d'infractions antisémites", le ministre de l'Intérieur a également annoncé que Marseille serait "la première ville où sera mis en place un réseau d'enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés à la lutte contre la haine et toutes les formes d'antisémitisme". Une expérimentation qui aura vocation, si elle est concluante, à s'étendre progressivement à l'ensemble du territoire national.

"L'objectif est d'aider les forces de l'ordre et les magistrats à mieux identifier et mieux faire ressortir (...) les éléments factuels de nature à objectiver la circonstance aggravante de racisme ou d'antisémitisme", a précisé Gérard Collomb, rappelant les meurtres récents de Sarah Halimi, en avril 2017, ou de Mireille Knoll, en mars 2018, toutes deux tuées "parce qu'elles étaient juives".

Le "vent mauvais de l'antisémitisme ordinaire"

Lors de cette visite devant la communauté juive de Marseille-Provence, le ministre a dénoncé "les vents mauvais qui soufflent aujourd'hui sur l'Europe comme sur la France".

"Vent mauvais de l'antisémitisme ordinaire mais aussi vent mauvais porté par les discours haineux de l'islamisme radical", a insisté Gérard Collomb, en dénonçant "les paroles de l'imam de la grande mosquée d'Empalot à Toulouse". En décembre 2017, Mohamed Tataï aurait, dans un prêche en arabe, cité un hadith appelant les musulmans à combattre les juifs.

C.R. avec AFP