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Un an après Merah, le patron du Raid démis de ses fonctions

Le Raid lors d'un entraînement. Le chef de l'unité d'élite, Amaury de Hauteclocque, qui avait dirigé l'assaut très critiqué contre Mohamed Merah à Toulouse, sera muté à l'Inspection générale de la police nationale. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le Raid lors d'un entraînement. Le chef de l'unité d'élite, Amaury de Hauteclocque, qui avait dirigé l'assaut très critiqué contre Mohamed Merah à Toulouse, sera muté à l'Inspection générale de la police nationale. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard - -

Le chef de l'unité d'élite du Raid qui avait dirigé l'assaut contre Mohamed Merah à Toulouse, sera muté à l'Inspection générale de la police nationale, a-t-on appris vendredi. Une mutation qui s'apparente à une mise à l'écart. Le Raid avait été critiqué dans sa gestion de l'affaire Merah.

Le chef de l'unité d'élite du Raid, Amaury de Hauteclocque, qui avait dirigé l'assaut contre Mohamed Merah à Toulouse, sera muté à l'Inspection générale de la police nationale. Cette mutation, qui s'apparente à une mise à l'écart, lui a été signifiée par le directeur général de la police nationale, Claude Baland, selon son entourage. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a changé depuis son arrivée place Beauvau la plupart des hauts responsables policiers et des services de renseignement.

« C’est la première fois que quelqu'un mène l'assaut contre nous »

Des familles de victimes du djihadiste français ont critiqué l'intervention du Raid, affirmant que ce service n'avait pas fait tout son possible pour prendre l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban vivant. Amaury de Hauteclocque avait rejeté ces critiques dans la presse, justifiant la longueur du siège de l'appartement et son issue fatale par la résistance surprenante opposée par Mohamed Merah. Six hommes du Raid avaient été blessés. « C'est la première fois de ma vie que quelqu'un mène l'assaut contre nous », avait-il confié au Figaro.

« Il voulait mourir les armes à la main »

Le chef du Raid avait expliqué avoir engagé initialement des armes non létales, des grenades susceptibles de le « choquer », mais que cette tactique s'était avérée impossible à tenir face à l'offensive de Merah. « Il nous a annoncé mercredi à 22h45 qu'il voulait mourir les armes à la main, et c'est ce qu'il a fait », disait-il.
Un rapport remis en octobre à Manuel Valls avait mis en évidence des dysfonctionnements dans l'enquête qui avait abouti à la mort du terroriste tué par le Raid et proposé des réformes. Il avait cependant justifié l'action du Raid, assurant que ses choix avaient été « cohérents » et qu'il avait eu comme préoccupation d'éviter que le terroriste « ne prenne des occupants de l'immeuble en otage ».

Philippe Gril avec Reuters