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Un adolescent grièvement blessé par un tir de flashball, le Défenseur des droits se saisit des faits

Un membre du groupement d'intervention régionale (GIR) des Hauts-de-Seine en possession d'un flashball dans le quartier Pablo Picasso, à Nanterre.

Un membre du groupement d'intervention régionale (GIR) des Hauts-de-Seine en possession d'un flashball dans le quartier Pablo Picasso, à Nanterre. - Jack Guez - AFP

Dans la nuit de lundi à mardi, un adolescent qui sortait de la mosquée d'Argenteuil (Val-d'Oise), a été touché par un tir de flashball alors qu'il s'amusait à lancer des pétards. Ce vendredi, le Défenseur des droits se saisit des faits.

Le débat sur le flashball est relancé. Mardi vers 2h du matin, un jeune homme de 14 ans qui sortait de la mosquée où il participait à la prière de la nuit du destin a été atteint par un projectile de flashball, tiré par un groupe de policiers. Les forces de l'ordre étaient alors en intervention auprès d'un autre groupe de jeunes auquel Amine, la victime, dit ne pas appartenir.

Méprise ou violence volontaire?

Amine, qui sortait de la mosquée à la fin de la prière, s'amusait avec des amis à lancer des pétards pour célébrer le 14 juillet. Interrogé par Buzzfeed France, son père explique que son fils "a vu un policier le mettre en joue avant de recevoir un tir de flashball au niveau du bas ventre". Selon le site Islam&Info, qui a révélé l'affaire, le jeune garçon aurait été "laissé à terre, agonisant, par la police". Il aurait été transporté chez lui par ses amis.

Le tir de flashball a en tout cas laissé le garçon dans un état grave. Le rapport médical fait état de nombreuses blessures sur le testicule droit, qu'une opération chirurgicale a permis de sauver. Le site Islam&Info accuse la police d'agression islamophobe en raison du lieu et de la tenue que portait le garçon, une djellaba blanche bien visible.

Le Défenseur des droits se saisit du dossier

Du côté de la Préfecture de police de Paris, contactée par BFMTV.com et compétente pour Argenteuil, on refusait mercredi de communiquer sur l'affaire. Les services de police ont toutefois confirmé qu'une enquête était ouverte pour comprendre ce qui s'est passé.

Ce vendredi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a annoncé qu'il avait "décidé de se saisir d'office". "Eu égard à la gravité apparente de la blessure, de l'intérêt supérieur de l'enfant, s'agissant d'un mineur âgé de 14 ans, et aux recommandations générales formulées par l'institution (...), le Défenseur des droits décide d'ouvrir une enquête sur ces faits", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Paul Aveline et Sami Acef