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Tuerie familiale à Bordeaux: "Un drame de la séparation"

Les enquêteurs estiment qu'il y a eu "préméditation" de l'acte.

Les enquêteurs estiment qu'il y a eu "préméditation" de l'acte. - -

Le père qui a tué à bout portant deux de ses enfants et blessé le reste de sa famille avant de retourner l'arme contre lui refusait d'accepter la séparation voulue par son épouse, selon la justice.

Un "drame de la séparation" et le refus de la mère, violentée, de renouer avec son mari, serait à l'origine de l'assassinat par le père, lundi à Bordeaux, de deux de ses enfants, selon les enquêteurs.

Le père de cette famille de trois enfants, qui était en instance de séparation avec la mère, s'est d'abord introduit par ruse dans l'appartement qu'il avait quitté le week-end avant le drame, a-t-on appris mercredi auprès de la police et du parquet.

"Il a réuni toute la famille dans la chambre"

"Il a réuni toute la famille dans la chambre où se trouvait la mère et lui a demandé de pouvoir refaire sa vie avec elle. Comme elle a refusé il a sorti son arme et a tiré sur les quatre personnes dans la pièce", a indiqué le directeur départemental de la sécurité publique de Bordeaux, Jean-Claude Borel-Garin.

Les deux garçons âgés de 14 et 17 ans sont décédés, le pronostic vital de la fillette de 11 ans, grièvement blessée de deux balles, n'est plus engagé. La mère, touchée à l'épaule, doit sortir prochainement de l'hôpital. Le père est quant à lui "en mort cérébrale" après s'être tiré une balle dans la tête quelque minutes après le drame.

Il avait prévu de "supprimer sa famille"

Jean-Claude Borel-Garin a expliqué que, lorsque le père a sorti son arme, l'aîné, puis le second garçon, se sont jetés sur lui pour l'empêcher d'en faire usage. Les deux garçons sont morts touchés chacun par une balle les atteignant au niveau du coeur et du thorax.

Il a ensuite tiré par deux fois sur sa fille de 11 ans, touchée au thorax, puis sur la mère. C'est elle qui a pu appeler à l'aide et expliquer aux policiers le déroulé des événements. Selon le procureur de Bordeaux, Marie-Madeleine Alliot, "c'était prémédité de la part du père de vouloir supprimer sa famille, dans l'hypothèse où sa femme refusait de reprendre une vie commune", et un mot en ce sens a été retrouvé dans la poche du père.

Le père avait déjà été condamné pour des faits de violence et au mois d'août "son épouse avait déposé plainte au commissariat pour des faits de violences conjugales et il devait comparaître prochainement pour ces faits", a conclu le procureur.

A. G. avec AFP