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Tuerie de Chevaline: "la fin du monde", l'ex-policier témoigne

Un panneau indicatif à l'entrée de Chevaline, le 18 février 2014.

Un panneau indicatif à l'entrée de Chevaline, le 18 février 2014. - -

Il est sorti blanchi de sa garde à vue. Mais pas indemne. L'ex-policier, interpellé la semaine dernière dans le cadre de l'enquête sur la tuerie de Chevaline, témoigne.

L'ex-policier municipal interpellé et gardé à vue dans le cadre de la tuerie de Chevaline puis mis hors de cause a déclaré jeudi dans une interview à Canal+ avoir vécu comme "un coup de tonnerre" l'objet de sa garde à vue, durant laquelle il a été "éprouvé".

"Mardi je pars au travail, 10 heures. Je rentre dans ma voiture, à ce moment là c'est la fin du monde. Il y a six gars qui me ceinturent qui me mettent à terre. 'Vous êtes en garde à vue dans le cadre de l'affaire Chevaline'. Là, c'est la 4e dimension. Je ne le souhaite à personne. Ca vous tombe comme un coup de tonnerre", témoigne Eric Devouassoux, 48 ans.

"On m'a dépeint comme un être primaire"

"Mon père m'a téléphoné. Il pleurait. Il me dit : 'tu te rends compte, ils sont allés voir la grand-mère'. Je me suis dit on touche le fond", ajoute-t-il, soulignant que son petit garçon n'était "toujours pas retourné au collège" depuis l'épisode.

Evoquant la couverture des journaux et sa garde à vue, l'ancien policier explique: "J'ai pas tout lu. J'ai renoncé à lire certaines choses. On m'a dépeint comme un être [...] primaire.... d'autres [disaient] violent. J'ai voulu rectifier le tir. J'ai été très éprouvé pendant ces quatre jours de garde à vue. Je voulais expliquer ce qui m'est arrivé".

"Au début je voulais partir, mais j'ai rien fait, je suis innocent. Ils ont détruit une famille, créé un chômeur. Moi je voudrais pouvoir retravailler là-bas", conclut-il.

Mis en examen pour trafic d'armes

L'ancien policier municipal de Menthon-Saint-Bernard, collectionneur d'armes de la Seconde Guerre mondiale, qui travaillait à Genève dans la surveillance, avait été interpellé après la diffusion du portrait robot d'un homme recherché dans l'enquête sur la tuerie de Chevaline.

Les auditions et les perquisitions n'avaient pas permis d'établir un lien entre Eric Devouassoux et le meurtre par balles de Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme de 47 ans, sa belle-mère de 74 ans, et de Sylvain Mollier, 45 ans. Elles avaient en revanche permis de mettre au jour l'existence d'un trafic d'armes pour lequel il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

A. D. avec AFP