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Toulouse: un mort et deux blessés après une fusillade dans un quartier sensible

La police nationale à Lille le 03 décembre 2019

La police nationale à Lille le 03 décembre 2019 - DENIS CHARLET © 2019 AFP

La vicime était inconnue des services de police, contrairement aux deux blessés, connus pour des affaires de stupéfiants et déjà condamnés.

Le faits se sont déroulés sur fond de trafic de drogue. Ce lundi soir, un homme a été tué et deux autres blessés "avec une arme de gros calibre" près d'une station de métro dans un quartier sensible de Toulouse, a-t-on appris auprès de la police et du parquet.

Selon ces sources, les faits se sont déroulés lundi vers 22h50 chemin des Izards, près de la station de métro Trois Cocus. L'homme tué, âgé de 29 ans, n'était pas connu des services de police, contrairement aux deux blessés, connus pour des affaires de stupéfiants et déjà condamnés, selon le parquet. Leur vie n'est pas en danger.

"C'était la panique"

Mardi matin, une tache de sang, en partie camouflée par du sable, était toujours visible place Micoulaud, au coeur du quartier, devant le bureau de La Poste, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une "dizaine de douilles d'arme de gros calibre" ont été retrouvées par les forces de l'ordre sur place, a préciséle secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police Didier Martinez.

"Une nouvelle fois, les armes ont parlé et c'est du gros calibre. Et ça se passe sur la voie publique. Les passants ont été très choqués, c'était la panique", a-t-il ajouté.

Le service régional de police judiciaire (SRPJ) de Toulouse est en charge de l'enquête.

"Panique" au jardin d'enfants

"C'était la panique, j'étais au parc avec ma fille, juste derrière la Poste", a confirmé mardi matin un habitant d'un immeuble de sept étages à seulement 100 mètres de la fusillade.

"Là où ça a tiré, il y a toujours des dealers. C'est dingue ce qui se passe dans le quartier. Dès que je peux, je déménage", a-t-il lancé.

Des familles qui se trouvaient au jardin d'enfants en cette soirée de canicule ont pris leurs jambes à leur cou quand les coups de feu ont retenti, une femme enceinte a chuté dans sa fuite, selon des témoignages.

"Alors qu'à Nice le ministre (de l'Intérieur, ndlr) se déplace aussitôt, classe la ville 'zone difficile' et annonce l'affectation de 60 policiers supplémentaires, ici à Toulouse : RIEN, RIEN, RIEN !!", déplore le responsable d'Unité SGP dans un communiqué.
"Malgré les appels désespérés du maire de la ville, malgré le constat sans appel qu'Unité SGP, syndicat majoritaire, argumente à l'occasion des tragiques faits divers qui impactent la sécurité publique de la 4ème ville de France, force est de constater l'assourdissant silence des autorités administratives et gouvernementales concernant Toulouse", selon lui.

Les trafics "en plein expansion"

Le syndicaliste a rappelé que dans la Ville rose les trafics de drogue étaient "en pleine expansion" avec "des opérations promotionnelles de vente, des provocations quotidiennes envers les forces de l'ordre, une défiance sans égale durant le confinement, des sommes d'argent brassées colossales".

Fin juin, seize personnes avaient été arrêtées dans le cadre d'une importante opération de lutte contre le trafic de drogue dans le quartier des Izards. Les interpellations avaient eu lieu à Toulouse mais aussi dans le Var, "où certaines de ces personnes prenaient 'un repos bien mérité', semble-t-il, dans une villa luxueuse" de Saint-Tropez, selon le procureur Dominique Alzéari.

Il s'agissait d'un "réseau structuré de trafic de stupéfiants" dans le quartier des Izards où "des milliers et des milliers d'euros sont générés quotidiennement", avait-il ajouté.

Mi-juillet, un homme d'une vingtaine d'années avait été tué par balle en pleine nuit à proximité du Stadium de Toulouse.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV