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Tony Meilhon, le meurtrier présumé de Laetitia, jugé à Nantes

Le procès de Tony Meilhon, accusé d'enlèvement, de séquestration et du meurtre de Laëtitia Perrais en janvier 2011 s'ouvrira mercredi à Nantes. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

Le procès de Tony Meilhon, accusé d'enlèvement, de séquestration et du meurtre de Laëtitia Perrais en janvier 2011 s'ouvrira mercredi à Nantes. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé - -

RENNES (Reuters) - Le procès de Tony Meilhon, accusé d'enlèvement, de séquestration et du meurtre de Laëtitia Perrais en janvier 2011, un fait...

RENNES (Reuters) - Le procès de Tony Meilhon, accusé d'enlèvement, de séquestration et du meurtre de Laëtitia Perrais en janvier 2011, un fait divers qui avait à l'époque défrayé la chronique politico-judiciaire, s'ouvrira mercredi à Nantes.

Laëtitia, alors âgée de 18 ans, travaillait comme serveuse dans un hôtel de la Bernerie en Retz, près de Pornic (Loire-Atlantique). Elle avait été portée disparue le 19 janvier 2011 après la découverte de son scooter accidenté, près de l'endroit où elle vivait dans une famille d'accueil avec sa soeur.

La veille de sa disparition, la jeune fille aurait rencontré l'accusé sur une plage des environs et avait été vue à plusieurs reprises en sa compagnie, notamment dans deux bars de la Bernerie-en-Retz, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011.

Après son interpellation, le 20 janvier, Tony Meilhon, qui vivait dans une caravane, a prétendu avoir tué accidentellement la jeune fille tandis qu'elle rentrait à son domicile avec son scooter puis s'être débarrassé du corps de la victime en le jetant dans la Loire du pont de Saint-Nazaire.

Après plusieurs jours de recherche, la tête et les membres de la victime seront retrouvés dans un étang le 1er février 2011. Son buste sera découvert dans un autre plan d'eau distant de plusieurs dizaine de kilomètres, le 9 avril 2011.

Selon l'autopsie, qui a révélé de nombreuses blessures, Laëtitia Perrais serait morte étranglée avant de subir plusieurs coups de couteau.

Une relations sexuelle au cours de la nuit du 18 au 19 janvier 2011 entre le meurtrier présumé et la victime a été établie mais l'instruction n'a pas permis de déterminer si celle-ci s'était déroulée ou non sous la contrainte.

"PERSONNALITE PSYCOPATHIQUE"

Doté selon les experts d'une "personnalité psychopathique" sans pour autant présenter les symptômes d'une pathologie psychiatrique particulière, Tony Meilhon, qui avait consommé du cannabis et de la cocaïne la nuit des faits, est décrit comme un être instable, impulsif et pouvant être violent.

Placé en foyer dès son plus jeune âge puis condamné à de nombreuses reprises pour des vols aggravés et des violences, l'accusé a été condamné en mars 2001 par la Cour d'assises des mineurs de Loire-Atlantique pour viol et agression sexuelle sur un compagnon de cellule alors qu'il était emprisonné.

Au moment de son interpellation, Tony Meilhon avait été libéré depuis onze mois avec mise à l'épreuve après avoir purgé une peine pour des délits d'outrage et de menaces.

L'affaire avait soulevé une polémique autour de la question de la récidive, le président d'alors, Nicolas Sarkozy, mettant en cause le travail des juges et des travailleurs sociaux, ce qui avait provoqué un important mouvement de protestation en France chez les magistrats.

Quelques mois après les faits, Gilles Patron, le père de la famille d'accueil où était hébergée Laëtitia, qui se présentait comme pourfendeur des "violeurs récidivistes", était également mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, des faits dont aurait été victime la s?ur de Laëtitia.

Une quarantaine de témoins seront entendus au cours de ce procès qui devrait durer jusqu'au 7 juin devant la Cour d'assises de Loire-Atlantique à Nantes.

La mère de l'accusé qui, selon son avocat, ne veut pas être considérée comme "responsable" mais bien comme victime des agissements de son fils, a fait savoir qu'elle allait déposer une demande de constitution de partie civile contre Tony Meilhon, qui risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse