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Trois parents qui ont aidé leurs enfants partis en Syrie mis en examen pour financement du terrorisme

(Photo d'illustration d'une statue représentant la justice)

(Photo d'illustration d'une statue représentant la justice) - Michael Coghlan-Flickr-CC

Ils sont accusés d'avoir envoyé de l'argent à leurs enfants partis en Syrie en détournant l'argent d'une association. Trois parents de jihadistes ont été mis en examen.

Trois parents de jihadistes, soupçonnés d'avoir envoyé de l'argent à leurs enfants en Syrie, notamment en détournant des fonds de leur association subventionnée, ont été mis en examen, a-t-on appris ce dimanche de source proche du dossier, confirmant une information du Journal du dimanche.

Mis en examen pour financement du terrorisme

La présidente de l'association Syrie Prévention Familles et un couple de membres ont été mis en examen vendredi soir pour "association de malfaiteurs terroristes, financement du terrorisme et abus de confiance en relation avec une entreprise terroriste" et placés sous contrôle judiciaire.

La présidente Valérie de Boisrolin et les époux Anne et Raymond Duong avaient été placés en garde à vue en début de semaine dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte fin 2016, à la suite d'un signalement de Tracfin, l'office antiblanchiment du ministère des Finances, qui avait détecté ces transferts de fond.

"Ces associations ne servent pas à ça"

Valérie de Boisrolin se voit reprocher d'avoir organisé, via l'association, des envois d'argent à sa fille, une convertie partie en 2013 en Syrie à l'âge de 16 ans, ainsi qu'un virement à une mère qui voulait aider son enfant à revenir en France. Elle a raconté son expérience dans un livre, Embrigadée.

Quant à la famille Duong, dont un fils et une fille ont rejoint la zone de combats à l'été 2014, "la mère des enfants et son mari ont envoyé plusieurs milliers d'euros" via des mandats. "Le problème, c'est que ces associations ne servent pas à ça", a expliqué la source.

90.000 euros de subventions

Syrie Prévention Familles, qui a absorbé deux associations de parents d'enfants partis pour le jihad en Syrie, "gère de l'ordre de 90.000 euros de subventions". Selon ses statuts, l'association vise à soutenir les familles des "proches embrigadés par des groupes extrémistes", participer à la prévention des départs dans la zone et "aider les familles à maintenir le contact avec leurs proches toujours présents en Syrie et en Irak".

L'enquête, confiée à l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière et à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire se poursuit dans le cadre de l'information judiciaire ouverte vendredi.

C.H.A. avec AFP