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Sur les réseaux islamistes radicaux, "il y avait un appel à profiter de ce qui se passe en France"

Eric Delbecque, spécialiste des questions de sécurité intérieure

Eric Delbecque, spécialiste des questions de sécurité intérieure - BFMTV

Sur BFMTV, le spécialiste Eric Delbecque explique comment les terroristes s'organisent pour "profiter" d'une période instable avant de commettre une attaque.

Malgré un important dispositif de sécurité, le marché de Noël de Strasbourg a été la cible d'une attaque mardi soir quand un tireur a tué trois personnes, en plein centre ville. "Ce sont des endroits visés depuis des années" explique Eric Delbecque, spécialiste des questions de sécurité intérieure, sur BFMTV. Déjà, en 2000, le groupe Al-Qaida visait cette institution de la ville de Strasbourg et un autre marché de Noël, à Berlin, avait dû faire face à une attaque au camion bélier, en décembre 2016, qui s'était soldé par un lourd bilan de 12 victimes.

"La période est propice à double titre : d'abord, parce que ce sont les fêtes, typiquement une période où les terroristes peuvent être tentés d’agir ; mais aussi avec la période d’instabilité que l’on connaît avec les gilets jaunes, les forces de sécurité sont sous tension, fatigués. Le gouvernement a connu une période difficile. Pour accroître un état d’instabilité, c’est aussi un moment de choix" explique Eric Delbecque, sur BFMTV.

Le spécialiste insiste sur l'élaboration précise des attaques des terroristes qui s'organisent sur internet en établissant notamment des listes de cibles potentielles et en visant des "objectifs" en fonction du contexte.

"Sur Internet, sur les réseaux islamistes radicaux, il y avait clairement un appel à profiter de ce qui se passait avec les gilets jaunes pour accentuer une instabilité et arriver à un moment où les terroristes estiment que c'est particulièrement approprié de commettre un attentat" précise le spécialiste.

"Il y a beaucoup de facteurs qui participent de l’idée qu’on est en forte période de risques" résume Eric Delbecque qui assure néanmoins qu'il est impossible de tout anticiper : "On ne peut pas contrôler tout, partout, sinon on ne vivrait plus".
J.M.