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Coup de filet anti-jihadiste dans plusieurs régions de France

Une filière d'acheminement de jihadistes présumés vers la Syrie a été démantelée dans plusieurs régions de France, notamment dans le Sud-ouest.

Une filière d'acheminement de jihadistes présumés vers la Syrie a été démantelée dans plusieurs régions de France, notamment dans le Sud-ouest. - BFMTV

Des interpellations ont eu lieu tôt lundi matin en région parisienne, dans le Tarn, en Gironde et en Normandie. "Une dizaine d'objectifs" étaient visés, selon la police.

C'est l'aboutissement d'une enquête qui dure depuis plus d'un an. Une filière d'acheminement de jihadistes présumés vers la Syrie a été démantelée dans la région de Toulouse, notamment le Tarn, a-t-on appris lundi matin. Des interpellations ont également eu lieu au Havre, à Bordeaux et en région parisienne qui serait le point d'ancrage du réseau. En tout, dix personnes étaient visés dans plusieurs départements par la police antiterroriste et les hommes du Raid (unité d'élite de la police). Dans le cadre de cette enquête, la sous-direction anti-terroriste a procédé à l'extraction de quatre prisonniers dans le Sud-ouest, selon Dominique Rizet de BFMTV.

Une source proche du dossier indique que parmi les personnes interpellées figurent plusieurs jeunes nés à la fin des années 80 ou au début des années 90. Les suspects ont, pour la plupart, d'importants casiers judiciaires.

Selon les premières informations disponibles, cette filière présumée aurait déjà acheminé en Syrie des candidats au jihad. Ces interpellations interviennent dans le cadre d'une enquête ouverte après le signalement d'une famille turque concernant leurs fils. D'après des informations de BFMTV, à partir de ce signalement, la police a pu remonter jusqu'aux recruteurs. Plusieurs dizaines de personnes s'apprêtaient à partir avec cette filière qui était surveillée depuis plusieurs mois.

Le nombre de candidats au jihad a bondi de plus de 80%

En déplacement à Dijon, Manuel Valls est revenu sur ces interpellations. "Ces réseaux jihadistes représentent une menace inégalée depuis plusieurs années. Nous travaillons depuis deux ans à répondre à cette menace, pour démanteler ces réseaux avec le travail de la police et de la gendarmerie", a-t-il indiqué. 

La France a été en 2014 confrontée à une explosion du nombre d'apprentis-jihadistes partant pour la Syrie et l'Irak, avec en corollaire l'angoissante question de leur retour et d'une éventuelle action terroriste sur son sol. Le nombre de candidats au jihad syrien a bondi de plus de 80% depuis début janvier, selon de récentes déclarations du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Ils seraient actuellement, selon les estimations officielles, près de 400 sur place, plus de 200 ont manifesté des velléités de départ et environ 120 sont déjà revenus, avec près de 200 en transit et une cinquantaine de morts. 

La radicalisation touche particulièrement les jeunes, à la fois des ruraux et des urbains. Ces derniers mois, un visage a marqué le pays. Celui de Maxime Hauchard, 22 ans, originaire de Normandie. Le jeune homme est apparu dans une vidéo dans les rangs des égorgeurs de soldats syriens.

Confiscation du passeport

En novembre dernier, la loi de lutte contre le terrorisme est entrée en vigueur. Inscrit en urgence par le gouvernement, le projet de loi a été adopté à l'Assemblée nationale et au Sénat à une large majorité. La nouvelle loi permet la confiscation du passeport d'un candidat au jihad. En cas de raisons sérieuses qui laissent penser qu'une personne projette de partir faire le jihad, une interdiction de sortie de territoire spéciale peut être prononcée. Il s'agissait également d'une revendication du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI). Des parents de jeunes partis faire le jihad dénonçaient notamment la facilité pour ces jeunes de franchir les contrôles dans les aéroports.

S. C. avec Dominique Rizet