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"Coulibaly a terrorisé mon client", dit l'avocat d'un de ses complices présumés

Amedy Coulibaly, auteur de la prise d'otages de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, et des tirs mortels sur une policière municipale à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine.

Amedy Coulibaly, auteur de la prise d'otages de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, et des tirs mortels sur une policière municipale à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine. - BFMTV

Fabrice Delinde, avocat de l'un des quatre hommes mis en examen pour avoir peut-être apporté un soutien logistique à Amedy Coulibaly, a défendu son client mercredi matin sur BFMTV, assurant qu'il avait agi par peur et n'était pas absolument pas au courant des projets terroristes du preneur d'otages.

"Monsieur Coulibaly est un petit caïd de quartier qui a terrorisé mon client", a expliqué mercredi matin sur BFMTV maître Fabrice Delinde, l'avocat de l'une des quatre hommes - âgés de 22 à 28 ans - mis en examen mercredi. Willy P., Christophe R., Tonino G. et Michaël A. sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes. L'un d'entre eux est également mis en examen pour détention et port ou transport d'armes. Aucun n'est mis en examen pour complicité d'assassinat à ce stade des investigations.

"On reproche à mon client d'avoir acheté ou servi d'intermédiaire pour l'acquisition d'un véhicule, de plusieurs gilets tactiques, d'un Taser et d'un couteau", explique l'avocat à BFMTV. Mais selon lui, "son client a été tabassé, victime d'une expédition punitive après avoir refusé son aide et terrorisé" au point de "devenir corvéable", au service d'Amedy Coulibaly.

"Mon client n'est même pas de confession musulmane"

"C'est la raison pour laquelle il a agi comme il a agi", poursuit Fabrice Delinde qui tait l'identité du jeune qu'il conseille. "Il n'a jamais su le but et l'objet de ce qu'allait commettre Coulibaly. (...) Mon client n'est même pas de confession musulmane, il n'est pas croyant".

Dans le détail, les enquêteurs ont établi qu'ils ont fourni des voitures et des armes à Amedy Coulibaly, auteur de la prise d'otages de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, et des tirs mortels sur une policière municipale à Montrouge, dans les Hauts-de-Seine. Trois des mis en examen s'étaient rendus à plusieurs reprises dans des armureries de la petite couronne parisienne pour "acheter du matériel", notamment des gilets tactiques et des bombes lacrymogènes.

Des délinquants de droit de commun

Une partie de l'équipement a été retrouvé à Gentilly dans une planque d'Amedy Coulibaly, le meurtrier de la policière municipale de Montrouge et également auteur de la prise d'otages qui a fait quatre morts dans un supermarché casher Porte de Vincennes, a précisé le procureur de Paris François Molins mercredi.

L'enquête envisage aussi qu'Amedy Coulibaly et sa compagne Hayat Boumeddiene, toujours recherchée, auraient pu échanger un véhicule contre des armes en Belgique.

Par ailleurs, la justice bulgare a décidé mardi l'extradition vers la France de Fritz-Joly Joachin, le Français proche des frères Kouachi, auteurs de l'attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo à Paris.

S.A. avec Cécile Danré