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Attentats de Paris: le point sur l'enquête

Le procureur de Paris François Molins, en charge de l'enquête, a livré lundi soir un point très complet sur les investigations en cours. Voici ce qu'il faut en retenir.

Onze jours après les attentats qui ont frappé Paris, et cinq jours après l'assaut à Saint-Denis, le procureur de Paris François Molins, magistrat en charge de l'enquête, a fait un point sur les investigations. "A ce jour ont été découvert dans les décombres un pistolet 9 mm et son chargeur vide, des éclats de grenade, et deux gilets explosifs", indique le procureur.

"Il ressort du rapport du RAID que les terroristes ont riposté par des tirs nourris, et ont également fait usage de grenades offensives lancées depuis l'appartement. L'ensemble des gravats a été placé sous scellés", précise-t-il.

Abaaoud en contact avec l'un des kamikazes

Le procureur de Paris est ensuite revenu sur Abdelhamid Abaooud, mort au cours de l'assaut à Saint-Denis. "Son ADN a été identifié sur un fusil d'assaut kalachnikov, une lampe frontale et divers objets retrouvés dans le véhicule abandonné à Montreuil, qui était utilisé par le commando ayant tiré sur les personnes attablées en terrasse de cafés ou de restaurants", explique-t-il.

"La ligne utilisée par Bilal Hadfi (kamikaze au Stade de France, ndlr) a été en relation soutenue le soir des attentats entre 20h40 et 21h21 avec une ligne utilisée de manière probable par Abdelhamid Abaaoud", poursuit-il. En effet, "après que le véhicule Seat est abandonné à Montreuil, cette ligne est localisée à 22h15 à Montreuil, et à 22h28 à Nation." Or, "Abdelhamid Abaaoud est vu à 22h14 au métro Croix de Chavaux, en compagnie d'un second individu non identifié, puis à 22h26 au métro Nation."

En outre, "la géolocalisation de la ligne présumée d'Abdelhamid Abaaoud a attesté entre 22h28 et 00h28 d'une présence dans les 12ème, 11ème et 10ème arrondissements, et notamment à proximité du Bataclan. Ainsi, on peut penser qu'il est revenu sur les scènes de crime commis sur les terrasses et alors que la BRI intervenait encore au Bataclan", ajoute le magistrat.

La cousine d'Abaaoud formellement impliquée

L'implication de sa cousine, Hasna Ait Boulahcen, 26 ans morte dans l'assaut à Saint-Denis, est par ailleurs "formellement établie", déclare le procureur. "Il apparaît qu'elle a été contactée le 15 novembre par une ligne belge pour fournir à son cousin Abdelhamid Abaaoud un logement. Elle a alors été mise en contact avec Jawad Bendaoud, qui contre rémunération", a prêté l'appartement où a eu lieu l'assaut mercredi. 

Abdelhamid Abaaoud a retrouvé sa cousine mardi soir, à Aubervilliers, où il l'attendait "caché dans un buisson avec un second individu", selon François Molins. La jeune femme était "parfaitement au courant de son implication dans les attentats". Après l'assaut, elle a été retrouvé morte "par asphyxie, après l'explosion d'un autre kamikaze, et de l'effondrement du plancher."

Un projet d'attentat avorté à La Défense

Cet autre terroriste "n'a toujours pas été identifié", mais son ADN et ses empreintes digitales ont pu être récoltées. Elles correspondent à celles identifiées sur un fusil d'assaut retrouvé dans la Seat. "Il serait donc peut-être le troisième homme du commando des terrasses".

Sans donner volontairement de détails, le procureur François Molins a enfin indiqué que selon certains éléments de l'enquête, les deux terroristes, Abdelhamid Abaaoud et le kamikaze, morts durant l'assaut, avaient un projet d'attentat qui consistait à se faire exploser, le mercredi 18 ou le jeudi 19 novembre, à La Défense.

Alexandra Gonzalez