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Attentat déjoué: prolongation exceptionnelle de la garde à vue de cinq suspects

Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret.

Les locaux de la DGSI à Levallois-Perret. - AFP

La garde à vue de cinq suspects interpellés dans l'enquête sur un attentat déjoué a été prolongée au-delà de 96 heures. Une mesure exceptionnelle rendue possible lorsqu'une menace imminente est identifiée.

C'est une mesure exceptionnelle de privation de liberté. Les gardes à vue de cinq suspects interpellés dans l'enquête sur un attentat déjoué ont été prolongées dans la nuit de mercredi à jeudi au-delà de la limite fixée à 96 heures, indique une source judiciaire. Les enquêteurs espèrent trouver d'autres informations sur ce projet d'attentat jihadiste, qui visait plusieurs sites.

Une telle mesure, qui peut porter les gardes à vue à une durée totale de 144 heures, soit six jours, n'est possible que lorsque les investigations font craindre une menace d'attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale, ce qui est le cas dans cette affaire. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait été alertée le 14 novembre d'un passage à l'acte imminent par un renseignement.

Des suspects français, de 35 à 37 ans

Plusieurs arrestations intervenues dans la nuit de samedi à dimanche, à Strasbourg et à Marseille, ont permis de "mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date" en France, a confirmé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les suspects arrêtés à Strasbourg, âgés de 35 à 37 ans, sont de nationalité française et inconnus des services de renseignement. Deux d'entre eux sont soupçonnés d'avoir gagné la Syrie, via Chypre, en 2015, avant de revenir en Europe.

Le Quai des Orfèvres, un parc d'attractions...

Lors des gardes à vue, l'un des quatre interpellés dans la ville alsacienne a reconnu l'existence d'un projet d'attaque. Il a évoqué plusieurs cibles comme le 36 Quai des Orfèvres, siège de la PJ parisienne, sur l'île de la Cité, qui apparaissait déjà dans les investigations, ou la DGSI.

Dans cette affaire, les investigations ont en réalité débuté en février, conduisant le 14 juin à une première série d'interpellations. Deux Français, liés au réseau identifié, avaient été mis en examen et écroués, soupçonnés d'avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes. D'après les investigations, ils étaient en contact avec un donneur d'ordre en Syrie, d'où Daesh a commandité plusieurs attentats en France.

Les enquêteurs pensent que les suspects, dont il n'est à ce stade pas établi qu'ils aient fait des repérages, "n'avaient pas encore de projet précis et affiné", a indiqué une source policière. A partir des investigations sur les téléphones et ordinateurs saisis , d'autres cibles potentielles ont pu être établies, comme des lieux de culte ou un parc d'attraction.

C.V. avec AFP