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Attentat de la gare Saint-Charles: le rapporteur public exclut une faute de l'État

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Rien ne présumait de la dangerosité potentielle de l'auteur de l'attentat, selon le magistrat chargé de dire le droit à l'audience.

Au procès de la responsabilité éventuelle de l'État dans l'attentat mortel commis à la gare de Marseille à l'automne 2017, le rapporteur public a écarté toute faute mercredi devant le tribunal administratif de Lyon.

"L'administration n'a pas commis de faute en ne prenant pas une décision qu'elle n'était pas obligée de prendre", a estimé Christophe Rivière. En l'occurrence, placer en rétention - en vue de son expulsion - l'auteur des faits qui était en situation irrégulière.

Le magistrat chargé de dire le droit à l'audience, et dont l'avis est généralement suivi, a fait valoir, notamment, que l'auteur de l'attentat n'était pas fiché ni connu pour radicalisation et que rien ne présumait de sa dangerosité potentielle.

Arrêté deux jours avant

Le 1er octobre 2017, deux cousines, Laura Paumier, 22 ans, et Mauranne Harel, 20 ans, avaient été poignardées sur le parvis de la gare Saint-Charles par un Tunisien, Ahmed Hanachi, ensuite abattu par les forces de l'ordre. Un acte revendiqué par l'organisation terroriste Daech.

Deux jours auparavant, cet homme de 29 ans avait été arrêté pour un vol à l'étalage commis dans le centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, et placé en garde à vue. Faute d'éléments suffisants, cette procédure avait été classée sans suite par le parquet et Hanachi avait été relâché le lendemain, c'est-à-dire la veille de l'attentat.

Les services de police avaient pourtant saisi la police aux frontières mais la préfecture du Rhône n'avait pris aucune mesure, au motif que le centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry était saturé et que le responsable de permanence n'était pas disponible pour signer les documents nécessaires.

Des dysfonctionnements "graves"

"Cet attentat aurait pu être évité, à l'époque le porte-parole du gouvernement (Christophe Castaner, aujourd'hui ministre de l'Intérieur, ndlr) l'a dit publiquement en s'appuyant sur le rapport de l'Inspection générale de l'administration", a souligné Me Laurence Dubreuil, avocate de plusieurs proches.

Ce rapport avait pointé "des dysfonctionnements graves du dispositif de l'éloignement" à Lyon et le préfet du Rhône avait été limogé.

Les familles dénoncent, elles, des "carences fautives". "C'est la responsabilité de votre tribunal de faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais", a lancé Me Alice Cabrera, leur autre avocate.

"Il est facile de dire, après coup, que s'il avait été placé en rétention, il n'y aurait pas eu d'attentat", a rétorqué à l'audience une représentante du ministère de l'Intérieur.

"Que je sache, toutes les personnes en situation irrégulière ne sont pas des terroristes en puissance, dire le contraire serait faire un amalgame que nous ne voulons pas faire", a ajouté Pascale Léglise, cheffe du service du conseil juridique et du contentieux place Beauvau.

Le tribunal rendra sa décision sous deux à trois semaines.

B.R. avec AFP