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Assaut de l’Hyper Cacher: "les otages avaient compris que ça ne se réglerait pas par une reddition"

L'Hyper Cacher lors de sa réouverture en mars dernier.

L'Hyper Cacher lors de sa réouverture en mars dernier. - Kenzo Tribouillard - AFP

Six mois après les attentats de Paris, Christophe Molmy, le patron de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la PJ parisienne est revenu pour le JDD sur les événements. Ses équipes ont mené l’assaut contre l’Hyper Cacher, où Amedy Coulibaly retenait des otages.

Le 9 janvier dernier, Amedy Coulibaly était retranché dans ce supermarché de la porte de Vincennes avec des otages. Alertée après des coups de feu, la BRI se positionnait alors autour du magasin. Christophe Molmy, le patron de la BRI raconte l’assaut de l’Hyper Cacher pour la première fois.

Christophe Molmy explique dans le JDD que c’est d’abord Lassana Bathily, l’employé de l’Hyper Cacher qui avait réussi à s’enfuir, qui leur fournit les clés du magasin. La BRI a ensuite accès aux caméras de surveillance de l’établissement et voit l’intérieur du magasin. "Très rapidement, on a aussi des familles qui nous mettent directement en contact avec des gens dans le magasin", raconte Christophe Molmy.

Coulibaly "lâche le téléphone et commence à rafaler"

Les otages qui ont compris la détermination d’Amedy Coulibaly supplient les forces de police d’intervenir. "Ils avaient vécu les premiers meurtres, puis celui du jeune de 20 ans qui a voulu se saisir d’une arme. Ils avaient compris que ça ne se réglerait pas par une reddition", relate le patron de la BRI. Il raconte aussi qu’étonnamment Amedy Coulibaly laisse ses otages "faire ce qu’ils voulaient". Ils peuvent téléphoner, boire ou manger. Une liberté relative mais qui porte un message cynique. "Il l'avait verbalisé sous la forme d'un: 'Profitez parce que vous allez mourir'", rapporte le policier. Car pour Amedy Coulibaly, les otages "ne sont pas une monnaie d’échange".

Le preneur d’otage ne veut pas négocier. Sa seule exigence raconte Christophe Molmy "c’est que l’on n’attaque pas ses ‘frères’, les Kouachi. Sinon, il menace de tuer tous les otages". Au moment où l’assaut est donné, Coulibaly est au téléphone avec un négociateur de la BRI. Comprenant que la police est passée à l’action, Amedy Coulibaly "lâche le téléphone et commence à rafaler" en direction des forces de l'ordre. "Nous avons été retardés par des obstacle, se souvient Christophe Molmy. Pas longtemps, mais ces 40 secondes ont permis à Coulibaly de "jouer au ping-pong", un coup vers nous, un coup vers le Raid, avant de tenter une sortie vers la porte principale". Amedy Coulibaly est abattu par les hommes du Raid dans cette dernière tentative. 

Coulibaly aurait pu "tout faire exploser"

Mais l’opération aurait pu coûter la vie aux otages admet le chef de la BRI. Car au même moment, les auteurs de l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo sont retranchés à Dammartin dans une imprimerie. Les terroristes sont passés à l’attaque contre le GIGN. "Si n’avait attendu plus longtemps, le temps pour lui (Coulibaly) de savoir ce qui s’était passé à Dammartin, qui dit qu’il n’aurait pas tout fait exploser ?".

Depuis les attentats, Christophe Molmy explique que la création d’une force d’intervention rapide a été accélérée. Une équipe de 12 fonctionnaires mobilisables à tout moment. La formation des négociateurs sur l’islam radical a aussi été accentuée. Et pour la première fois, sept membres de la BRI défileront mardi pour le traditionnel défilé du 14 juillet.

C. B .