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20 ans après, l'hommage aux victimes de l'attentat du RER B

Une plaque avec le nom des huit victimes a été apposée à la station Saint-Michel.

Une plaque avec le nom des huit victimes a été apposée à la station Saint-Michel. - Capture BFMTV

Le 25 juillet 1995, huit personnes trouvaient la mort et 117 étaient blessées dans l'attentat qui visait le RER B à la station Saint-Michel à Paris. Un hommage leur a été rendu samedi matin avec l'apposition d'une plaque commémorative.

"Un bruit assourdissant. Une odeur âcre. Une fumée noire. Le 25 juillet 1995, à 17H30, une bouteille de gaz qui vient d'exploser dans une rame du RER, dans cette station, près de cet endroit, marque le début de la campagne d'attentats en France, revendiqués par le GIA algérien." Françoise Rudetski, fondatrice de SOS Attentats et désormais déléguée au terrorisme à la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, a rappelé le terrible attentat qui a visé le RER B à la station Saint-Michel à Paris.

Dans ce drame, huit personnes ont été tuées: Annie Aupeix, Véronique Brocheriou, Maria Isabel Costa Barbosa, Pierre-Henri Froment, Marie-Odette Garcia Ferreira, Sandrine Girier-Dufournier, Jean Groll et Alexandre Huraud. Tous ces noms figurent désormais sur une plaque apposée samedi matin à la station Saint-Michel lors d'une cérémonie commémorative qui s'est tenue en présence des familles des victimes. Sur cette plaque, les mots "afin que nul n'oublie" ont été inscrits.

Des survivants traumatisés

Ne pas oublier non plus, les 117 personnes blessées dans cet acte terroriste. "La RATP n'oubliera jamais cette attaque dont elle fut elle aussi victime", une "tragédie malheureusement suivie d'autres attaques sur le réseau de transports parisiens", a déclaré samedi la PDG de la Régie, Elisabeth Borne.

"À peine sortis du tunnel, nous avons vu de la lumière mais on ne l'a pas vu très longtemps puisque c'est là qu'il y a eu la grosse déflagration", témoigne pour BFMTV, Arlette Royer. Cette employée de banque était présente dans le RER ce jour-là de 1995. Elle a été blessée, l'un de ses tympans a été perforé. Les parents de Véronique Brocheriou, eux, ont perdu leur fille ce jour-là. Aujourd'hui encore, ils n'ont pas pardonné.

"J'en ai beaucoup voulu à ces gens, à ces terroristes, témoigne la mère de la victime alors âgée de 26 ans. Maintenant ils sont en prison, j'espère qu'ils vont rester longtemps."

Les auteurs de l'attentat en prison

Un des auteurs de l'attentat de 1995, Khaled Kelkal, petit délinquant devenu islamiste radical, a été tué par les gendarmes le 29 septembre de cette année-là près de Lyon. Boualem Bensaïd, dont les empreintes ont été retrouvés sur la bombe, est en prison, tout comme Smaïn Aït Ali Belkacem et Karim Koussa.

Considéré comme le "cerveau" des attaques, Ali Touchent a été tué en Algérie en 1997. Considéré comme le financier des attentats depuis Londres et remis à la justice française en 2005, Rachid Ramda a été condamné en perpétuité en 2009. Un des auteurs des attentats de Paris de janvier dernier, Amédy Coulibaly, avait été condamné dans un projet d'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem en mai 2010.

"Le risque zéro n'existe pas"

Pour autant, la fondatrice de SOS Attentats appelle, sur BFMTV, a resté vigilent pour éviter que ces tragiques événements se reproduisent. "Nous souhaitons alerter les pouvoirs publics en disant: 'il faut s'occuper des victimes du passé qui n'arrivent pas à cicatriser leurs blessures physiques et psychiques. Il faut mieux s'occuper des victimes présentes", insiste François Rudetski. 

"La dernière vague d'attentat du début de l'année nous montre qu'il y a plusieurs centaines de victimes qui ont besoin de soutien et d'aide, l'indemnisation ne résout pas tout et nous devons être prêt à prendre en charge les victimes du futur parce que le risque zéro n'existe pas", poursuit-elle.

La déléguée au terrorisme à la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs regrette également "que l'Europe peine à mettre en place une politique harmonisée, que la coopération internationale progresse trop lentement, que l'ONU ne soit pas en mesure de proposer une définition du terrorisme".

J.C. avec AFP