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Tentative de rapt d'enfants sur fond complotiste: quatre ans requis contre un ancien gendarme

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Logo de l'administration pénitentiaire - Sébastien SALOM GOMIS / AFP

Christian Maillaud, à la tête d'un groupuscule d'activistes convaincus de l'existence de complots pédophiles, avait accepté d'aider une mère de famille à enlever ses enfants à leur père.

Le tribunal de Saintes, en Charente-Maritime, a condamné ce jeudi à cinq ans de prison un ancien gendarme en fuite, soupçonné avec sa compagne allemande d'avoir voulu aider une femme qui projetait d'enlever ses enfants à leur père, sur fonds d'accusation de complot pédophile. Ce "gourou charismatique", selon le procureur Matthieu Auriol, serait en fuite au Venezuela avec sa compagne Janet Seemann, qui a été "reconnue coupable" et condamnée à trois ans de prison avec sursis conformément aux réquisitions du procureur. Un mandat d'arrêt a été délivré à leur encontre.

Les faits remontent à 2012 quand Sandrine Gachadoat projetait d'enlever ses enfants à leur père, qu'elle accusait de pédophilie. Elle avait déjà réussi à les kidnapper de décembre 2008 à avril 2011 avant d'être retrouvée avec eux près d'Alès, dans le Gard, par les gendarmes. Elle avait alors déjà accusé sa belle-mère ainsi que son ex-compagnon de pédophilie et avait vainement tenté de faire constater ces sévices par des médecins avant de les soustraire à la garde de leur père.

En 2015, la justice l'avait déclarée irresponsable pénalement pour trouble délirants dans cette affaire. Elle avait alors fait appel à Christian Maillaud, à la tête d'un groupuscule d'activistes convaincus de l'existence de complots pédophiles. Principal mis en examen avec sa compagne allemande Janet Seemann, il est en fuite et le couple se serait réfugié au Venezuela, selon leurs soutiens.

La mère condamnée à deux ans de prison avec sursis

Dans des vidéos postées régulièrement sur internet, le quinquagénaire, surnommé "Stan" sur la toile, dénonce l'"organisation pédocriminelle satanique qui est l'organe judiciaire" et le "procès d'inquisition du 30 août 2018". Les prévenus projetaient d'enlever les trois enfants qui vivaient chez leur père à Montendre, dans le sud du département, mais ils avaient finalement été arrêtés avant d'avoir pu commettre leur rapt.

La mère a été condamnée à deux ans de prison avec sursis, comme requis par le procureur, avec une mise à l'épreuve pendant trois ans, une obligation de soins, une interdiction de contacter les prévenus, ses enfants et son ex-mari ainsi que de venir en Charente-Maritime.

Pour les trois complices, l'un a été relaxé, un autre a été condamné à deux ans de prison avec sursis et le troisième à 15.000 euros d'amende au lieu des 6.000 réclamés par le parquet. Seuls deux d'entre eux étaient présents à l'audience, la mère ne s'étant pas rendue au tribunal.

Me.R. avec AFP