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Tariq Ramadan face aux juges: des vidéo embarrassantes pour la troisième plaignante

Tariq Ramadan.

Tariq Ramadan. - Sia Kambou - AFP

Le théologien suisse, visé par trois plaintes pour viol, est entendu depuis ce mardi matin par des juges d'instruction de Paris. Mis en examen pour deux viols, Tariq Ramadan risque une troisième inculpation.

Il est sous la menace d'une troisième mise en examen. Tariq Ramadan est, depuis mardi matin, entendu par des juges d'instruction dans le cadre de son premier véritable interrogatoire depuis son incarcération pour viols au mois de février dernier. Les magistrats doivent interroger le théologien suisse sur une troisième plainte déposée en mars dernier pour une série de neuf agressions sexuelles qui se seraient produites entre février 2013 et juin 2014.

"Je t'aime fort"

Face à ces accusations, la défense de Tariq Ramadan a exhumé des téléphones portables de ce dernier plus de 300 vidéos et 1000 photos envoyées par Mounia. Sur l'une d'elles, que BFMTV a pu consulter, la quadragénaire apparaît souriante, détendue. Les images ont été tournées le 17 mai 2013, au lendemain d'un viol présumé qui se serait déroulé à Paris, dans un TGV alors que la plaignante rentrait à Lille.

On l'entend dire à l'attention du théologien: "Mon amour, je t'aime fort".

La défense de Tariq Ramadan compte bien utiliser ces images pour démontrer que cette relation était consentie, qu'il n'y a eu ni chantage, ni contrainte. Toutefois, ces arguments reviendraient à reconnaître des rapports sexuels extra-conjugaux, loin des enseignements du prédicateur, homme de grande morale pour ses partisans, alors qu'il s'est toujours contenté de parler de "jeu de séduction" dans les deux autres affaires de viol le visant.

Faire tout ce qu'il "demandait"

Tariq Ramadan a été mis en examen le 2 février dernier pour viol dont un sur personne vulnérable. Une femme de 45 ans, se faisant appeler Mounia, avait alors porté plainte. Ancienne call-girl, dont le nom apparaît dans le dossier du Carlton de Lille, elle raconte l'emprise toxique qu'aurait eu l'islamologue sur elle, à une période difficile de sa vie, et les violences sexuelles dont elle aurait été victime à Paris, Londres et Bruxelles.

"Il fallait que je fasse tout ce qu’il me demandait, de prendre des photos dans des positions de soumission, à genoux et l’appeler ‘maître’, c’était quelque chose de très important pour lui", a-t-elle raconté à BFMTV.

Pour apporter du crédit à ces accusations, Mounia a fourni à la justice une robe noire qu'elle dit tachée de sperme. Les résultats des tests ADN seront connus ultérieurement, tandis que l'enquête va se poursuivre. Tariq Ramadan, incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis et dont la demande de remise en liberté a été rejetée, est visé par une quatrième plainte, cette fois-ci en Suisse. La procédure pourrait être versée au dossier français. 

Justine Chevalier avec Cécile Ollivier