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Takieddine admet un "rôle dans la conclusion" du contrat Agosta avec le Pakistan

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Dans un entretien à l'AFP, l'homme d'affaire a reconnu avoir joué un rôle dans la conclusion d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan. Il nie en revanche les accusations de financement de la campagne d'Edouard Balladur.

L'homme d'affaire Ziad Takieddine a "revendiqué" avoir "joué un rôle de facilitateur dans la conclusion" en 1994 d'un contrat de vente de sous-marins au Pakistan mais rejeté toute implication dans le financement de la campagne d'Edouard Balladur en 1995.

Dans le volet financier de l'affaire Karachi, plusieurs témoins ont accusé les hommes d'affaires Ziad Takieddine et Abdulrahmane El Assir, mis en examen, d'avoir été imposés à la dernière minute lors de la signature des contrats Agosta avec le Pakistan, et Sawari II avec l'Arabie Saoudite. "Avec le Pakistan, j'ai joué un rôle pour introduire El Assir (son associé) auprès des autorités françaises", a dit Ziad Takieddine qui niait jusqu'à présent tout rôle d'intermédiaire dans ce contrat Agosta.

"J'ai suivi les contrats de très près jusqu'à leur signature", a précisé Ziad Takieddine, selon lequel, s'il n'était pas intervenu avec M. El Assir, "rien n'aurait été signé".

Pas de commissions du côté français

En revanche, il nie avoir reçu des commissions du côté français et participé à un financement illégal de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, en rapportant en France de l'argent liquide retiré en Suisse.

"J'ai reçu de l'argent de l'Arabie Saoudite (sur le contrat Sawari II). M. El Assir me verse ce qu'il veut, cela ne provient pas de France", a-t-il tranché.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire soupçonnent que les commissions, légales à l'époque, versées en marge des contrats, ont donné lieu à des rétrocommissions ayant servi au financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur et à celui du Parti républicain de François Léotard.

Pour le juge antiterroriste Marc Trévidic, l'arrêt de ces commissions pourrait être à l'origine, en représailles, de l'attentat qui a fait 15 morts dont 11 Français salariés de la DCN, le 8 mai 2002, à Karachi.