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Sur Facebook, Emilie, abandonnée bébé à Orly en 1994, est à la recherche de son passé

La fillette avait été abandonnée à l'aéroport d'Orly

La fillette avait été abandonnée à l'aéroport d'Orly - Stéphane de Sakutin - AFP

Dans un message lancé sur le réseau social, cette jeune femme de 26 ans est à la recherche de ses parents, qui l'ont abandonnée à l'aéroport d'Orly en 1994.

Aujourd'hui âgée de 26 ans, Emilie est à la recherche de son passé. Dans un long article publié ce jour par Le Parisien, la jeune femme raconte son combat quotidien afin de connaître la vérité sur son abandon à l'âge de 9 mois, à l'aéroport parisien d'Orly.

C'est sur Facebook, que celle qui vit aujourd'hui dans la région d'Aix-en-Provence a lancé un appel pour tenter de retrouver ses parents, ou du moins un ou plusieurs témoins qui pourraient lui apporter ses éléments sur les faits, qui se sont déroulés le 17 septembre 1994.

"J'ai besoin de comprendre ce qu'il s'est passé, les raisons ayant amené à cet abandon. Je ne cherche pas d'amour, de famille ou d'argent. Juste des explications", explique-t-elle dans les colonnes du quotidien francilien.

"C'est dur..."

Peu après sa découverte, Emilie est confiée à la pouponnière départementale de l'Aide sociale à l'enfance (ASE), avant d'être adoptée quelques mois plus tard. C'est d'ailleurs grâce au travail de l'ASE que cette dernière a pu avoir accès à quelques bribes de son passé.

"Mon dossier comportait aussi des comptes rendus d'examens médicaux. Apparemment, j'avais eu un développement normal, n'avais pas été maltraitée ou sous-alimentée. Ils ont estimé mon âge à 9 mois, mais j'en avais peut-être plus, peut-être moins ", explique-t-elle encore.

C'est d'ailleurs en consultant ces données qu'Emilie a souhaité en connaître encore plus sur son histoire personnelle.

"Mon acte de naissance ne contient que mon prénom, donné par la directrice de la pouponnière. Tous les autres champs (date, lieu, etc.) sont marqués: 'néant'. C'est dur…", ajoute-t-elle.

Dans ses démarches, la jeune femme est épaulée par sa famille adoptive, qui comprend parfaitement le désir d'Emilie de retrouver ses racines.

"Elle nous a demandé notre accord avant de publier son message sur Facebook. Elle voulait être sûre que ça ne nous gênait pas. Elle ne sait pas si elle est née dans une maternité, si sa maman était contente lorsqu'elle est née, si elle a été aimée. C'est un vide terrible. Donc nous comprenons totalement qu'elle ait besoin de réponses pour l'aider à se construire", soulignent-ils, toujours au Parisien.

Une femme aperçue avant l'abandon

Pour l'heure, plusieurs pistes se sont ouvertes à elles. Grâce à cet appel, Emilie a pu reprendre contact avec Isabelle, une jeune femme âgée de 22 ans au moment des faits, employée de l'aéroport, qui a été la première a signaler la poussette du bébé abandonné.

"Je l'ai reconnue tout de suite. Elle avait le même regard et le même sourire que ce bébé dans la poussette. Elle était aussi joyeuse", se remémore, forcément émue, cette dernière.

Pour autant, les recherches se poursuivent et afin de mettre toutes les chances de son côté, celle qui travaille désormais dans l'hôtellerie de luxe a fait appel à une banque de données génétiques afin de retrouver ses origines géographiques. Selon les résultats, elle serait à 50% d'origine indienne, et 50% de l'Est de la France.

En guise de conclusion, Emilie signale une piste qui n'a pas encore été exploitée par les autorités, et qui pourrait s'annoncer porteuse d'espoirs.

"Dans un procès-verbal de mon dossier, une femme de ménage d'Orly déclare avoir vu une jeune femme d'une trentaine d'années, typée, blonde décolorée, qui poussait comme un automate des valises et une poussette", rapporte-t-elle.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV