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Soupçons de fraude fiscale: les époux Balkany et la villa à Marrakech

Les époux Balkany, qui dirigent la ville de Levallois-Perret, lors d'un meeting de l'UMP le 25 novembre dernier.

Les époux Balkany, qui dirigent la ville de Levallois-Perret, lors d'un meeting de l'UMP le 25 novembre dernier. - Martin Bureau - AFP

Conversations sur écoute, livré dédicacé par Nicolas Sarkozy "oublié" dans une villa, témoignages accablants: Libération révèle des indices collectés par la justice contre les époux Balkany, soupçonnés d'avoir caché au fisc français l'achat de deux propriétés à l'étranger.

L'étau de la justice se resserre autour des indéboulonnables époux Balkany, qui dirigent la ville de Levallois-Perret depuis presque quatorze ans. Mardi, le quotidien Libération a révélé de nouveaux éléments accablants de l'enquête visant Patrick Balkany, notamment sur une propriété luxueuse à Marrakech, qui leur appartiendrait via un montage financier complexe, sans être déclarée au fisc français.

Des informations explosives alors que l'Assemblée nationale doit décider dans les prochains jours de l'éventuelle levée de l'immunité parlementaire du député UMP, comme le réclament les juges d'instruction en charge du dossier. Des magistrats qui ont mis en examen Patrick Balkany pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale, et qui estiment désormais avoir suffisamment d'éléments pour l'interroger. Ils soupçonnent notamment le député-maire et son épouse de posséder deux villas à l'étranger, l'une à Saint-Martin et l'autre à Marrakech.

Les éléments révélés par Libération sont pourtant troublants. Au sujet de la villa à Saint-Martin, le quotidien revient sur les indices-clés avancés par les enquêteurs de la police judiciaire de Nanterre lors de la garde à vue d'Isabelle Balkany, le 22 mai dernier. Et les dénégations -jusqu'à l'absurde- de l'adjointe: un contrat multirisques habitation au nom de son époux ("Je ne reconnais pas sa signature"), un livre dédicacé par Nicolas Sarkozy à "Isabelle et Patrick" dans la bibliothèque ("On l'a oublié lors de nos vacances"), des employés de maison rémunérés directement par eux ("L'Urssaf s'est trompée"), un propriétaire officiel domicilié au Liechtenstein dont le mail n'est autre que patrick.balkany@wanadoo.fr ("Je ne me l'explique pas"). 

Après une nuit en garde à vue, Isabelle Balkany avait fini par craquer, confirmant être propriétaire depuis 1997 de la villa dans les Caraïbes, évaluée à 3 millions d'euros et acquise via une société offshore grâce à un héritage familial qu'elle avait touché. Reste encore la villa à Marrakech. Là-dessus, Isabelle Balkany s'était montrée très ferme: non, elle ne possédait pas cette villa, tout juste la louait-elle avec son époux de temps à autre pour des vacances.

Encore une fois, Libération dévoile des éléments qui laissent peu de place au doute. Une enquête menée par Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Economie a permis d'identifier l'ayant-droit des coquilles offshore qui ont servi à l'achat des deux propriétés: il s'agit de Jean-Pierre Aubry, fidèle collaborateur de Patrick Balkany. Interrogé puis mis en examen, l'ancien directeur de cabinet du maire a fini par consentir qu'il n'était "pas le propriétaire de la maison de Marrakech."

Dans le même temps, la mise sur écoute des époux a permis de saisir une conversation téléphonique entre Isabelle Balkany et une amie à elle

A. G.