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SONDAGE BFMTV - 60% des Français font confiance à la police, un chiffre en forte baisse

CRS face à des manifestants.

CRS face à des manifestants. - Clément Mahoudeau

Alors que diverses violences des forces de l'ordre ont agité l'actualité ces derniers jours, notre sondage "L'Opinion en direct" a exploré ce mercredi le sentiment des Français vis-à-vis de leur police, mais aussi de l'ensemble des institutions régaliennes. Les Français font toujours majoritairement confiance à leur police, mais la défiance ne cesse de grimper.

Ces derniers jour, plusieurs cas de violences policières, notamment l'interpellation très brutale de Michel Zecler à Paris le 21 novembre dernier, ont défrayé l'actualité. Des arrestations, évacuations ou opérations de maintien de l'ordre ont parfois été décriées dans l'opinion, dans un contexte déjà troublé il y a peu par les controverses autour de réponses policières aux gilets jaunes. Notre nouveau sondage "L'opinion en direct", conduit par l'institut Elabe et publié ce mercredi après-midi, a voulu jauger le sentiment présent des Français à l'égard de leur police, ainsi que de l'ensemble des institutions régaliennes.

A l'évidence, la confiance est toujours là, bien nette, mais la progression de la défiance est indéniable. Ainsi, si 60% des Français ont désormais confiance en la police, ils étaient encore 69% six mois en arrière. Et le désamour ne semble pas seulement né des polémiques récentes: la confiance de nos concitoyens à l'endroit des policiers a chuté de 16 points depuis avril 2019.

Tendance générale mais irrégulière

La tendance est la même dans tous les segments de la société mais elle est hautement irrégulière. Certaines couches de la population renouvellent largement leur crédit aux forces de l'ordre. C'est ainsi le cas des personnes âgées de 65 ans et plus, avec 72% de soutien malgré une baisse de quatre points, et des cadres, avec 67% après une décrue de six points. Les classes populaires réaffirment leur confiance, avec une majorité de 54%, mais le décrochage est rude: 12 points. Parmi les populations des petites agglomérations, la descente est aussi incontestable: la confiance s'y établit à 59%, soit 22 points de moins que lors de la précédente mesure.

Politiquement, les anciens électeurs de François Fillon sont les plus décidés à prendre position aux côtés des policiers, avec un taux de confiance de 79%... après une glissade de sept points cependant. Viennent ensuite les partisans d'Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle de 2017: 76% (-4). Enfin, les sympathisants de Marine Le Pen vont dans le même sens pour 64% d'entre eux, au prix d'une baisse de six points.

En revanche, la confiance envers les gardiens de la paix est réduite à la minorité chez les 18-24 ans: 47%. A gauche aussi, les dégâts sont profonds. Seuls 40% des électeurs de Benoît Hamon témoignent de leur satisfecit concernant la police, soit 35 points de moins qu'en avril 2019. 36% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ont confiance, une statistique affaiblie de 31 points en un an.

Le sentiment des Français par rapport aux institutions.
Le sentiment des Français par rapport aux institutions. © BFMTV

Violences policières: des faits "marginaux" pour 64% des Français

La question des violences policières, et de leur perception par les individus et les courants politiques ou sociologiques, s'avère ici cruciale. Pour 64% des Français, "les violences policières sont marginales et le fait d'une minorité de policiers qui agissent seuls". 35% d'entre eux, à l'inverse, y voient des faits "non pas marginaux mais représentatifs d'un phénomène plus général au sein de la police".

L'idée de débordements minoritaires s'impose dans la grande majorité des couches de la population, dont les 65 ans et plus qui parlent d'actes "marginaux" pour 75% des sondés. Dans les grandes villes et les communes rurales, le pourcentage est le même à juger ces excès non représentatifs du comportement de la police: 65%.

Les choses sont très tranchées à droite. Les partisans de François Fillon (81%), d'Emmanuel Macron (73%) et Marine Le Pen (66%) posent que ces violences sont exercées par des fonctionnaires agissant "seuls". A gauche, on est mitigé. Ainsi, 57% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon se prononcent en faveur de l'existence d'un "phénomène plus général" mais ils sont tout de même 41% à dire l'inverse.

Les violences policières sont marginales pour la majorité des Français.
Les violences policières sont marginales pour la majorité des Français. © BFMTV

Dissensus autour de l'article 24

L'article 24 de la loi sur la sécurité globale - visant à pénaliser la diffusion "malveillante" d'images des forces de l'orde - qui a concentré les critiques des manifestants depuis une quinzaine de jours, ne fait décidément pas consensus.

49% des Français sont opposés aux principes du texte, et 35% de nos compatriotes le soutiennent. Les personnes âgées de 65 ans et plus elles-mêmes penchent vers l'opposition: 43% contre 42% de faveurs.

L'article 24 décidément controversé.
L'article 24 décidément controversé. © BFMTV

Les Français ont confiance en la gendarmerie... pas en la justice

Elabe a interrogé son panel au sujet d'autres corps de l'État. 76% des Français ont en effet confirmé leur confiance en la gendarmerie, en baisse de six points par rapport à six mois en arrière cependant. La méfiance a grandi au sein des classes populaires qui sont toujours confiantes à 67% (-9 points), mais les cadres, avec un taux de 85%, et les 65 ans et plus, avec 89%, sont quasi-unanimes.

La sentence est dure pour l'appareil judiciaire en revanche. Ils ne sont plus que 41% à dire leur confiance en la justice, après un trou d'air de dix points, et 58% portent le jugement contraire, nourris par un renfort de neuf points. Les cadres (57%), les électeurs d'Emmanuel Macron (61%) ont confiance, malgré des pertes respectives de 4 et 8 points.

On ne compte que 38% des 18-24 ans pensant sereinement à la justice (-21 points) et 37% des classes populaires. La dégringolade y est cette fois de 11 points.

Sondage réalisé sur Internet sur un échantillon de 1005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus les 1er et 2 décembre. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV