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Sexe, drogue, viol: l'héritier de La Maison du caviar devant les assises

Le procès s'ouvre lundi devant la cour d'assises de Paris.

Le procès s'ouvre lundi devant la cour d'assises de Paris. - -

Ce lundi débute le procès de Cyril de Robert de Lalagade, poursuivi pour des viols et des sévices sur deux ex-compagnes. L'accusé nie les avoir droguées et leur avoir infligé des rapports sexuels ultraviolents.

[Mise à jour à 18h30. Le procès s'est ouvert ce lundi et se déroulera à huis, conformément à la demande des parties civiles. Inès, qui s'était désistée il y a un an, s'est à nouveau constituée partie civile.]

"Des orgies perverses", "des fêtes tendance bacchanales"... Les soirées de Cyril de Robert de Lalagade, petit-fils du fondateur de La Maison du Caviar, cocktail explosif de drogues, actes sexuels violents et jolies filles qui pouvaient durer plusieurs jours, conduisent le quadragénaire à comparaître à partir de lundi devant la cour d'assises de Paris. Il est poursuivi pour "viols sur personnes vulnérables avec plusieurs circonstances agravantes" et "actes de torture et de barbarie" pour des actes remontant à 2005.

Sur le banc des parties civiles, Jennifer, la fille d'un riche homme d'affaires, âgée de 28 ans. C'est elle qui, la première, a accusé son ex-compagnon de l'avoir frappée à coups de ceinture, de lui avoir infligé des brûlures au briquet-chalumeau, de lui avoir imposé des actes sexuels violents qu'elle ne pouvait refuser, se trouvant sous l'emprise d'anxiolytiques ou de drogues.

Emprise psychologique et toxicologique

Plusieurs femmes interrogées durant l'enquête ont accusé Cyril de Lalagade de leur avoir fait ingérer des médicaments pour affaiblir leur résistance. De nombreux participants à ces soirées sulfureuses ont témoigné de l'utilisation massive de cocaïne et de kétamine, un anesthésiant connu comme désinhibiteur et aphrodisiaque.

Des accusations également portées à l'encontre de Cyril de Robert de Lalagade par Inès, 27 ans, qui porte des brûlures au 3e degré sur les bras et les seins et qui décrit des pratiques sexuelles sadomasochistes particulièrement douloureuses, sans pouvoir se débattre car "sous l'emprise de la drogue", expliquait-elle au Monde.

"Cette rencontre a fait basculer sa vie", témoignait sa mère sur RTL en 2012. Elle relatait les tentatives de suicide d'Inès et l'emprise qu'avait pris le riche homme d'affaires sur la jeune femme. Le procès, initialement prévu en juin 2012, avait été reporté en raison, notamment, de la violation, par l'héritier, de son contrôle judiciaire. Il avait repris contact avec Inès qui était retournée vivre chez lui avant de finalement abandonner les poursuites contre lui.

Fils de bonne famille, indic de la police

C'est donc seule que Jennifer devra faire face à Cyril de Lalagade. L'homme, cocaïnomane invétéré, est "un pauvre fils de riches qui a baigné toute sa vie dans le béluga", décrit Le Nouvel Obs. Il est d'ailleurs devenu directeur général du groupe familial, spécialisé dans les oeufs d'esturgeon, un "emploi théorique" dont le confortable salaire lui permet de financer ses marathons sexuels et sa consommation de drogue.

Le fils de bonne famille est défendu bec et ongles par sa grand-mère qui l'a choyé après le divorce de ses parents et la mort, dans un accident de voiture, de sa soeur. La vieille dame trouve d'ailleurs "triste et lamentable" que ces filles "s'acharnent" sur lui, explique Le Monde.

"Bon cavalier, nageur et skieur hors pair" décrit Le Monde. "Gueule d'ange, allure de playboy", le dandy est également un "indic" de la police, explique Le Nouvel Obs. Il est même l'ami d'un magistrat, devenu compagnon de sa mère, qui dit de lui qu'il "a le cœur sur la main", qu'il est "adorable, charmant, bien élevé". Des connaissances qui "expliquent son sentiment de toute puissance et d'impunité", dénonçait sur 20minutes.fr Me Max Ursulet, avocat de la mère d'Inès.

"Je n'ai forcé personne"

Les experts qui ont examiné Cyril de Lalagade décrivent, selon Le Parisien, "une personnalité perturbée" et notent "l'absence de regrets ou de culpabilité" ainsi qu'un "potentiel de dangerosité".

Sa ligne de défense? Les filles étaient toxicomanes bien avant qu'il ne les rencontre et les rapports sexuels qu'il a eus avec elles étaient consentis. "J'ai une vie sexuelle plus hard que d'autres mais je n'ai jamais forcé personne", a-t-il plaidé durant l'instruction.

S'il avait bénéficié d'un non-lieu partiel en 2009, le juge d'instruction ayant estimé que les viols et les actes de torture n'étaient pas démontrés, la chambre de l'instruction, saisie de l'appel, l'a néanmoins renvoyé devant la cour d'assises. A elle désormais de se prononcer sur la culpabilité ou non du jet-setteur.

Violaine Domon