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Seine-Saint-Denis: une pharmacienne mise en examen pour un trafic de faux pass sanitaires

Une jeune femme à l'entrée d'une pharmacie à Le Perreux-sur-Marne, en novembre 2020 (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Une jeune femme à l'entrée d'une pharmacie à Le Perreux-sur-Marne, en novembre 2020 (PHOTO D'ILLUSTRATION). - BERTRAND GUAY / AFP

Elle a été mis en examen avec un autre individu, suspecté d'avoir participé au trafic. Les faux pass sanitaires étaient proposés sur l'application Snapchat, pour 250 euros.

Une jeune pharmacienne, ainsi qu'un second individu, ont été mis en examen après la découverte d'un trafic de faux pass sanitaires entre la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, selon des informations du Parisien, confirmées par le parquet de Bobigny à BFMTV.com.

Fausses attestations et argent liquide

Vendredi dernier, une patrouille de la BAC (Brigade anticriminalité) interpelle un jeune homme, qui tente alors de se séparer d'une pochette cartonnée. À l'intérieur de celle-ci se trouvent pas moins de 46 faux pass sanitaires. L'individu transporte également une importante somme d'argent liquide, 2600 euros. Une perquisition à son domicile permet aux enquêteurs de mettre la main sur quatre autres faux pass sanitaires, ainsi que le nom d'une vaccinatrice.

C'est une jeune pharmacienne qui est envoyée en renfort depuis le mois de mai dans plusieurs lieux de vaccination, dont le centre de vaccination de L'Haÿ-les-Roses, dans le département voisin du Val-de-Marne. Elle aurait, selon les informations du Parisien, partagé ses données d'accès à plusieurs vacataires, afin d'augmenter le nombre de fausses attestations créées.

Les deux intéressés ont finalement été arrêtés ce week-end, mis en examen puis placés en détention provisoire pour plusieurs chefs: "atteinte à un système de traitement automatisé de données", "participation à une association de malfaiteurs", "blanchiment en bande organisée" pour la pharmacienne et "détention de faux documents administratifs" pour le second mis en cause. Ils sont tous les deux inconnus des services judiciaires.

Une transaction par Snapchat

Les enquêteurs ont pu retrouver au moins quatre de leurs clients et deux d'entre eux déclarent avoir monnayé leurs faux certificats 250 euros. Le contact s'établissait, selon leurs dires, par le biais de l'application Snapchat.

L'enquête menée par la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis se poursuit actuellement pour tenter de retrouver d'autres complices. En effet, l'individu interpellé jeudi a assuré qu'il avait rendez-vous avec "un homme" afin de lui transmettre les fausses attestations. D'ailleurs, aucun lien n'a été établi pour l'heure entre les deux mis en examen.

Du côté de la municipalité, la mairie a demandé à la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) que "chaque vaccinateur en centre puisse bénéficier d'une carte d'identification personnelle propre, même lorsqu'il s'agit d'internes ou de retraités." Selon Le Parisien, la pharmacienne se présente comme "ouvertement anti-vaccin."

Esther Paolini Journaliste BFMTV