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Seine-Saint-Denis: 12 ans de réclusion pour un meurtre lié à une histoire de cœur

Une voiture de police, le 31 mai 2017, à Rouen

Une voiture de police, le 31 mai 2017, à Rouen - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un homme de 47 ans a été condamné vendredi à 12 de réclusion criminelle par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. En 2012, il avait tué un jeune homme après un règlement de comptes lié à une affaire de cœur.

La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi un quadragénaire à 12 ans de réclusion criminelle pour le meurtre du jeune homme, commis lors d'une rixe entre deux familles de gitans rivales.

Les faits remontent à décembre 2012. Un matin, Eric Dethière que l'on surnomme "Petit Franck" - du prénom de son père - frappe violemment un jeune de son âge, 21 ans, qu'il vient de trouver au lit avec sa sœur. Pour "laver l'honneur" de la famille, le père de l'amant roué de coups propose alors une bagarre à Franck père. Le rendez-vous est pris quelques heures plus tard à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où vit la famille Dethière, des gitans sédentarisés. Avec la promesse que personne ne vienne armé. Mais dans la bagarre, "Petit Franck" prend une balle. Il meurt d'une hémorragie à l'hôpital.

"Pas un remords, pas un regard"

L'accusation avait requis 25 ans de réclusion contre l'oncle de l'amant roué de coups, surnommé "Sandy" et désigné comme étant le tireur par plusieurs membres de la famille de "Petit Franck". Après sept jours de procès, la cour l'a condamné moins lourdement car elle n'a pas retenu la circonstance aggravante de meurtre en bande organisée. Jugés à ses côtés pour complicité, deux cousins ont été acquittés. Cinq et dix ans avaient été requis à leur encontre. 

"Depuis cinq ans, rien n'a changé", a pointé l'avocate générale dans son réquisitoire. Les accusés n'ont exprimé "aucun regret, pas un remords, pas un regard pour les parties civiles". Ils ne sont venus qu'avec "leur haine à l'audience", avait-elle dénoncé, saluant à l'inverse le courage des parties civiles, qui ont "décidé de ne plus se laisser frapper, de ne plus avoir peur", mais de "faire confiance à la justice".

"On est de la même communauté des gens du voyage, mais chez nous, ce n'est pas comme chez eux", avait lancé la mère de la victime, en direction de la famille des accusés. Soulignant que les témoignages à charge venaient des rangs des parties civiles, l'avocat du principal accusé, Etienne Arnaud, avait plaidé que les proches de "Petit Franck" avaient "tout à fait" pu "s'être trompés" sur l'identification du tireur.

M.P avec AFP