BFMTV

Sécurité: hausse de 40% des licenciés dans les clubs de tir

4,4 millions d'armes sont déclarées en France. (Image d'illustration)

4,4 millions d'armes sont déclarées en France. (Image d'illustration) - AFP

D'après une enquête de L'Obs, de plus en plus de Français se dotent d'armes à feu. Un effet renforcé ces dernières années par les multiples attentats qui ont touché la France.

"Après ce qu'il s'est passé en France, des gens se sont trouvé une vocation de tireur sportif." Au ministère de l'Intérieur, on le concède volontiers: les Français cherchent à s'armer. Une tendance qui pourrait trouver son origine dans les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan ou du 14 juillet et qui se traduit pas une augmentation de 38% du nombre de licenciés dans un club de tir sportif entre 2011 et 2016, passant ainsi de 145.365 à 201.450.

Si la profession se défend, dans une grande enquête publiée par L'Obs, d'un lien quelconque entre cette augmentation du nombre d'inscrits et les événements tragiques, les chiffres tendent à démontrer le contraire. Aujourd'hui, la France compte déjà 4,4 millions d'armes déclarées.

Beaucoup plus inquiétant pour les autorités: la hausse du nombre d'armes saisies. Quand en 2014, on en comptait 5.000, en 2015, il y en a eu 6.000. Et pour seulement le début de l'année 2016, 5.000 ont déjà été réalisées.

Rétablir le droit du port d'arme

Selon les sources, le pays compte entre 1 et 8 millions d'armes illégales sur le territoires, précise l'hebdomadaire. Dans ce contexte, le ministère de l'Intérieur va lancer un nouveau service central des armes pour recenser les armes mais également leurs propriétaires, souvent des chasseurs ou des tireurs sportifs. "A nous d'appliquer les filtres pour faire le tri entre les vrais sportifs et les autres", précise Pascal Girault, administrateur civil nommé par Beauvau pour gérer la question.

Désormais défendre le port d'arme n'est plus tabou. C'était "juste pour avoir un moyen de défense à domicile, au cas où", témoigne dans L'Obs Marc, un père de famille de 35 ans, détenteur d'un pistolet avant de s'être fait saisir. Une association, l'Arpac, s'est même crée. Le but: faire "la promotion de la légitime défense et du port d'arme pour les citoyens responsables". Autrement dit, rétablir le droit du port d'arme.

Les nouveaux inscrits? Des policiers

"Le nombre de gens menacés explose, assure Me Thibault de Montbrial, dans les colonnes de l'hebdomadaire. Les services de l'Etat ne peuvent plus suivre." Pour ce spécialiste des cas de légitime défense, "autoriser plus de personnes à porter une arme ne coûterait pas un seul euro". A l'heure de la campagne présidentielle, seul l'élu Les Républicains David Douillet s'est emparé du sujet. Le député a ainsi demandé au ministre de l'Intérieur des garanties quant à la législation actuelle relative au port d'arme.

Pour les professionnels, cette tendance pourrait être de courte durée. "A chaque attentat, on assiste au même phénomène", assure Yves Gollety, président de la Chambre syndicale des Armuriers, décrivant un afflux de demandes "pendant 48 heures" de personnes voulant se procurer un arme. La plupart ne peut se procurer qu'"une bombe de défense". La pédagogie est aussi au coeur des préoccupation des clubs de tir. Les nouveaux venus viendraient s'initier assidûment pendant "six mois" avant de se décourager. Des nouveaux inscrits qui pour la plupart ne serait autre que des policiers ou des gendarmes qui réclament plus d'heures d'entraînement.

Justine Chevalier