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Sécurité: à Lille, des commerçants veulent une "milice privée"

La rue Jules-Guesde, à Lille, est le théâtre d'une "insécurité permanente" selon certains commerçants.

La rue Jules-Guesde, à Lille, est le théâtre d'une "insécurité permanente" selon certains commerçants. - Google Street View

Exaspérés par l'insécurité qui sévit, selon eux, dans la rue Jules-Guesde, dans le quartier populaire de Wazemme, à Lille, des commerçants envisagent de mettre en place des solutions d'autodéfense. Certains se sont déjà armés de "pistolet à grenaille", "fusil à pompe" ou de "357 Magnum".

Agressions, vols, deals, règlements de comptes… La rue Jules-Guesde, dans le quartier populaire de Wazemmes, à Lille, est pourtant bien cotée. Mais elle serait le théâtre d'une "insécurité permanente", selon les commerçants. A tel point qu'ils envisagent de s'offrir les services d'une "milice privée", confie Thierry Wainstein, le patron d'une boutique de chaussures, à La Voix du Nord.

Certains se sont même déjà équipés. "J’ai un pistolet à grenaille pour me défendre, raconte Charly, un autre commerçant de la rue Jules-Guesde, au quotidien régional. Dans la rue, beaucoup de commerçants ont des armes, du fusil à pompe au 357 Magnum."

"C'est devenu Chicago, ici"

L'automne dernier, déjà, une quinzaine de commerçants, sur la soixantaine que compte la rue, menaçaient de ne plus payer leurs taxes pour alerter les autorités locales.

"On a perdu 30 % de notre chiffre d’affaires", déclarait à La Voix du Nord l'un d'entre eux. "C'est devenu Chicago ici", se désolait un autre gérant dans les colonnes de Metronews, "l'éclairage est inexistant, après 17 heures c'est un coupe-gorge. En plus, les détritus s'accumulent sur les trottoirs. Nous sommes abandonnés par les pouvoirs publics."

Depuis, la présence policière a été renforcée dans le quartier et les arrestations se sont multipliées, indique La Voix du Nord. En vain.

Les milices privées sont interdites par la loi

"Le problème, c'est qu'il s'agit souvent de mineurs multirécidivistes, qui sont relâchés, explique Thierry Wainstein à Metronews. Ils sont de plus en plus nombreux, violents et visibles."

Face au problème de l'insécurité, réelle ou ressentie, de nombreux riverains ou commerçants étudient régulièrement la mise en place de solutions d'autodéfense.

En 2014, le maire d'une commune de la Charente avait proposé l'achat groupé de bombes lacrymogènes à disposition de la population après une violente agression. En 2011, à Toulouse, des commerçants avaient brandi la menace de faire appel à une société privée pour organiser des rondes dans leur rue. Une pratique formellement interdite par la loi.

Caroline Piquet