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Sécurité: 93 ex-policiers appellent à un "sursaut national", le directeur général les accuse de "fragiliser l'institution"

Un écusson de la police nationale (illustration)

Un écusson de la police nationale (illustration) - DENIS CHARLET © 2019 AFP

Le directeur général de la police nationale Frédéric Veaux a qualifié la tribune signée par une centaine d'anciens policiers réclamant des "mesures" pour "rétablir l'autorité de l'État" d'initiative qui "fragilise l'institution".

Après les militaires, c'est au tour des policiers de faire part de leur mécontentement envers le gouvernement. Dans une tribune, ils dénoncent l'inaction des pouvoirs publics concernant "la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique". 93 anciens fonctionnaires de police de tous grades interpellent Emmanuel Macron, les membres du gouvernement et les parlementaires. Diffusée sur plusieurs sites de pétitions en ligne, la tribune a récolté plus de 26.000 signatures.

S'inscrivant dans la droite ligne des récentes tribunes de militaires dénonçant notamment le "délitement" de la France, ces anciens policiers demandent des "mesures efficaces pour reconquérir notre propre pays". Ils estiment que "la peur doit changer de camp" et que "la réponse pénale doit être adaptée de telle manière que les condamnations soient réellement exécutées et à la hauteur des forfaits commis".

"La police a plus que jamais besoin d'unité"

Dans un courrier daté du 12 mai et dévoilé par Europe 1, Frédéric Veaux, le directeur général de la police nationale (DGPN), leur répond et dénonce une initiative qui "fragilise l'institution". Il rappelle aux anciens policiers que leur statut ne les "exonère pas de l'obligation de réserve". Face à leur appel au "sursaut national", le DGPN les invite également à "prendre connaissance" des mesures prises par le ministre de l'Intérieur, qualifiées "d'avancées importantes". Elles donnent aux policiers "les moyens de leur autorité" et leur permettent d'"agir avec une meilleure efficacité", argumente Frédéric Veaux.

"La police nationale a plus que jamais besoin aujourd'hui de confiance en elle, d'unité, de cohésion dans ses rangs, sans esprit partisan", écrit encore le DGPN. "Il me semble que nos aînés pourraient y contribuer par un discours constructif et fédérateur", conclut-il.

En réponse à la grogne grandissante des policiers après le meurtre d'un de leurs collègues à Avignon, le Premier ministre Jean Castex s'était entretenu le lundi 10 mai avec les syndicats de police. À la suite de cette réunion, il a annoncé un durcissement des peines contre les agresseurs de policiers ou gendarmes.

Marine Langlois avec AFP