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Salvador: confirmation de l'acquittement d'une femme pour une fausse couche

La Salvadorienne Evelyn Hernandez, après son acquittement, le 19 août 2019 à San Salvador

La Salvadorienne Evelyn Hernandez, après son acquittement, le 19 août 2019 à San Salvador - Oscar Rivera, AFP/Archives

Un tribunal du Salvador a confirmé lundi l'acquittement d'Evelyn Hernandez, jugée pour homicide après avoir perdu son bébé et condamnée à 30 ans de prison en première instance, mais qui a toujours assuré que l'enfant était mort-né.

La cour "confirme l'acquittement prononcé par le tribunal de Cojutepeque (est du pays) qui a reconnu l'innocence d'Evelyn Hernandez", a indiqué lundi la Fondation d'Etudes pour l'application du droit (Fespad), qui défend la jeune femme.

Le parquet général, qui avait fait appel de la décision d'acquittement, peut cependant encore introduire un recours en cassation, a averti la Fespad.

Evelyn Hernandez, 22 ans, avait été condamnée pour "homicide" en juillet 2017 à 30 ans de prison en première instance.

L'affaire avait fait grand bruit à l'époque, au Salvador et à l'étranger.

Le code pénal salvadorien prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement. Mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un "homicide aggravé", puni de 30 à 50 ans de réclusion.

L'affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme, alors adolescente, donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque (centre), elle est arrêtée et accusée d'homicide. Evelyn Hernandez a toujours protesté de son innocence et assuré que son bébé était mort-né.

La Salvadorienne Evelyn Hernandez, jugée pour homicide après avoir perdu son bébé, attend le verdict du tribunal, le 19 août 2019 à San Salvador
La Salvadorienne Evelyn Hernandez, jugée pour homicide après avoir perdu son bébé, attend le verdict du tribunal, le 19 août 2019 à San Salvador © Oscar Rivera, AFP/Archives

En février 2019, la sentence de première instance avait été annulée par la Cour suprême.

Lors du procès en appel, le parquet avait requis une peine de 40 ans de prison mais le tribunal avait prononcé l'acquittement, et la jeune femme avait été libérée le 19 août 2019.

La Fespad a dénoncé "la criminalisation" de la jeune femme par le parquet durant toute la procédure.

San Salvador (AFP), © 2020 AFP