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Saint-Ouen: un accord passé entre habitants et dealers pour favoriser le calme dans une cité

Une banlieue à Bobigny, en Seine-Saint-Denis (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Une banlieue à Bobigny, en Seine-Saint-Denis (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Philippe LOPEZ / AFP

Le Parisien rapporte qu'un accord a été passé entre habitants et dealers dans un quartier de Saint-Ouen pour stopper les nuisances sonores la nuit. Un pacte "inacceptable" selon un syndicat de police.

Un accord pour le moins inhabituel. Dans une cité du sud de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), des habitants ont passé un contrat avec des trafiquants de drogue afin de favoriser le calme une fois la nuit tombée, a rapporté Le Parisien dimanche. Un accord qui intervient dans "l'un des points de deal les plus prisés du secteur", selon le quotidien.

Le droit de "vivre tranquillement"

"S'il vous plaît, le sommeil est important pour commencer une bonne journée. Silence après 22 heures! De la part des jeunes et des habitants." L'entente s'est matérialisée par une affiche, accrochée aux portes de l'immeuble. Elle a été créée par les habitants et les dealers.

Un collectif d'une quarantaine d'habitants s'est récemment accordé avec les trafiquants de drogue du quartier pour que ces derniers stoppent leurs business dans le hall d'immeuble après 22 heures et qu'ils cessent les nuisances sonores une fois la nuit tombée.

"On ne cherche pas la confrontation", affirme au Parisien l'un des habitants. C'est une façon de dire qu'on vit là, qu'on paie nos charges et notre loyer, donc on a le droit de vivre tranquillement", ajoute-t-il.

Les habitants tiennent à souligner qu'ils ne veulent pas faire la "guerre" aux trafiquants, estimant que c'est "le rôle de l'État".

Une "démission" de l'État

L'article n'a en tout cas pas manqué de faire réagir certaines personnalités politiques, pour dénoncer ce qu'elles voient comme un affaiblissement de l'État. Le nouveau maire RN de Perpignan Louis Aliot a ainsi condamné un pacte "scandaleux":

"Quand l’Etat démissionne de ses responsabilités, voilà ce qui arrive! Scandaleux", a-t-il réagi sur Twitter.

Un contrat également "inacceptable" aux yeux du syndicat de police Synergie-Officier, qui déplore que "l'ordre républicain" soit "supplanté par un autre".

Esther Paolini Journaliste BFMTV