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Saccage de boutiques, rixe à Orly,  fusillade pendant un clip: la carrière de Booba ponctuée de violences

Qu'il en soit la cible ou le commanditaire, le rappeur Booba se retrouve régulièrement dans des conflits avec des bandes rivales. Une violence qui ponctue ses vingt-cinq ans de carrière et lui a valu plusieurs séjours derrière les barreaux.

12 heures après la fusillade qui a éclaté sur le tournage de son prochain clip, le rappeur Booba s’est affiché détendu et souriant sur Instagram, aux côtés de l’artiste haïtien Gato da Bato, fidèle acolyte avec lequel il a été condamné en 2018. Il écoute notre antenne où nous évoquons l’attaque, au cours de laquelle l’un de ses proches a été touché de quatre balles dans les jambes. Une exposition médiatique que connaît bien “le duc de Boulogne”, qui est loin d'en être à son premier déboire.

Un casier judiciaire chargé

En 1997, Elie Yaffa n’a pas pas encore connu le succès à travers son album “Mauvais œil” avec Lunatic qu’il fait déjà son premier passage devant les tribunaux. Il est alors condamné à un an et demi de prison pour l’agression d’un chauffeur de taxi. 

Cinq ans plus tard, le nom du rappeur revient dans une fusillade à la sortie d’une boîte de nuit d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Booba se livre lui-même à la police et fait trois mois de détention préventive avant d’être finalement relaxé.

“J’espère ne plus revenir dans un tribunal. Mais qui peut le dire? Ça peut arriver à tout le monde”, déclare-t-il alors au Parisien.

Et notamment à lui. Un an plus tard, il est de nouveau arrêté alors qu’il roule à bord d’une voiture déclarée volée. 

En 2007, c’est du côté des parties civiles qu’on retrouve le désormais “boss” du rap français. Cette année-là, le tribunal de Nanterre condamne deux jeunes à 4 ans et demi de prison pour avoir kidnappé la mère et le frère de Booba puis réclamé une rançon de 500.000 euros pour les libérer. 

Un habitué des clashs

Bien avant le début du “clash” avec Kaaris, le créateur de la marque Ünkut nourrit des querelles avec de nombreux MC, de Sinik à Maître Gims. Mais en 2013, les chamailleries dépassent le virtuel. Booba en vient aux mains avec le rappeur La Fouine dans les rues de Miami, ville où ils ont alors tous les deux établi leur résidence.

Les esclandres continuent un an plus tard, lorsque sa boutique parisienne est attaquée par Rohff, un autre rappeur populaire. Ce dernier sera condamné pour ces faits à cinq ans de prison ferme en juin dernier.

Rebelote en 2015. L’auteur de Pitbull est au coeur d’un affrontement à coups de ceinture dans sa ville d’origine, avec un certain “Dam16”, proche de Rohff. Une altercation dont Booba se vante ensuite sur les réseaux sociaux. 

S'il fallait une preuve supplémentaire que Booba est un très bon client de clash entre rappeurs, la chanson dont le tournage du clip a été interrompu mercredi par la fusillade, s'intitule Glaive. Dans ses paroles, il s'attaque à un ancien poulain, le rappeur belge Damso:

"Ne crois-tu pas qu'je sais c'que j'fais? Tellement longtemps que j'fais la guerre Le prochain c'est Damso, m'fais pas jurer la vie d'ma mère."

“Ça peut dégénérer à tout moment”

La querelle entre Booba et son ancien protégé Kaaris fait, elle, rage depuis 2014, alors que ce dernier avait refusé de prendre parti dans son conflit avec La Fouine. Un clash qui finit tout de même devant le tribunal, à la suite de la fameuse rixe à l’aéroport d’Orly pour laquelle ils ont été condamnés en septembre dernier à 18 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Depuis, les deux rappeurs entretiennent le “buzz” autour d’un supposé combat de MMA à venir pour conclure ce qui a débuté un an plus tôt au duty free d’Orly. Mais ce combat de coqs peut devenir dangereux. Un risque assumé par Booba:

“Le rap c’est du sport de contact, de combat. C’est comme la boxe. T’as envie d’éclater tout le monde. Il y a beaucoup de testostérone, de rivalité. Je suis un compétiteur. Tout le monde veut être le meilleur, c’est un peu la mentalité de la rue. Mais ça peut dégénérer à tout moment”, reconnaissait-il déjà dans les colonnes du Parisien en 2013.
Esther Paolini