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Racisme: un gendarme sur le point d'être privé de sa médaille d'honneur

Gendarmerie. - DENIS CHARLET / AF

Gendarmerie. - DENIS CHARLET / AF - DENIS CHARLET / AFP

Un gendarme qui avait tenu des propos racistes à l'encontre des Guyanais en 2018 est visé par une procédure de retrait de sa médaille d'honneur lancée par le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère des Affaires étrangères a engagé une procédure pour retirer la médaille d'honneur octroyée à un gendarme qui avait comparé les Guyanais à des "singes hurlants", a annoncé lundi un porte-parole adjoint, confirmant une information du site Mediapart.

"Nous confirmons que le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a lancé une procédure de retrait de la médaille d'honneur des Affaires étrangères attribuée à cette personne", a-t-il déclaré. "Cette décision traduit la volonté du ministère de lutter contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations", a-t-il ajouté.

"Des propos inadmissibles et choquants"

Le chef d'escadron de gendarmerie s'est livré le 21 avril 2018, dans un discours clôturant une mission sur place, à ce qu'il a alors appelé une "allégorie" sur la population locale.

"Quelle faune exceptionnelle que tous ces singes hurleurs lançant autant de jurons que de parpaings pour marquer leur territoire, ces petits caïmans trempant jour et nuit dans l'alcool", avait-il lancé, selon son discours révélé par Le Monde et LCI.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait dénoncé en mai 2018 "des propos inadmissibles et choquants" et la gendarmerie engagé une procédure disciplinaire à l'encontre du chef d'escadron.

Une médaille décernée en février 2018

La médaille des Affaires étrangères, qui récompense des "services exceptionnels accomplis sur le territoire national ou hors de France, lui avait été décernée le 27 février 2018 pour des actions de formation en Irak, a précisé le ministère.

Le Quai a expliqué avoir lancé la procédure de retrait dès qu'il a eu "connaissance de ces faits, ainsi que de la sanction administrative du récipiendaire, éléments qui ne (lui) avaient pas été signalés précédemment". La nature de la sanction n'a pas été communiquée.

Le 18 mai 2018, soit quelques jours après l'ouverture de la procédure disciplinaire, un arrêté signé par le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, avait confirmé sa décoration, a rappelé Mediapart.

Jeanne Bulant avec AFP