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Qui est le site d'extrême gauche qui revendique l'incendie contre la gendarmerie de Grenoble?

Des pompiers après l'incendie dans la caserne de gendarmerie à Grenoble le 21 septembre 2017

Des pompiers après l'incendie dans la caserne de gendarmerie à Grenoble le 21 septembre 2017 - Jean-Pierre Clatot-AFP

Un site anarco-libertaire a revendiqué l'incendie contre des locaux de la caserne de gendarmerie de Grenoble dans la nuit de mercredi à jeudi. Et annonce sa volonté de continuer "à s'en prendre à la police et à la justice".

L'incendie qui a ravagé des locaux techniques dans une caserne de la gendarmerie à Grenoble, en Isère, dans la nuit de mercredi à jeudi a été revendiqué jeudi sur un site anarco-libertaire, déjà utilisé pour des faits similaires perpétrés à Limoges il y a deux jours. 

Du matériel d'investigation, des scellés de nombreuses affaires en cours -mais pas ceux liés à l'enquête sur la disparition de Maëlys- et une trentaine de véhicules ont été détruits.

"Cet acte s'inscrit dans une vague d'attaques"

"Cette revendication est une piste très sérieuse même si cela n'exclut pas autre chose", a déclaré à l'AFP Jean-Yves Coquillat, procureur de la République à Grenoble. Sans compter que cet incendie "ressemble aux actions menées ces derniers mois contre des véhicules d'Enedis, de la Métropole, des services sociaux de la ville de Grenoble et qui étaient revendiqués par le même canal", a ajouté le magistrat.

Le texte posté à la mi-journée affirme que "cet acte s'inscrit dans une vague d'attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci". Un communiqué qui a été signé "Des nocturnes".

"On continuera à s'en prendre à la police"

Huit prévenus comparaissent depuis mardi et jusqu'à ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police en mai 2016 à Paris lors des manifestations violentes contre la loi Travail. Le groupe a menacé de conduire de nouvelles actions violentes.

"Quelle que soit l'issue du procès, on continuera à s'en prendre à la police et à la justice. Notre hostilité est un feu qui se propage", assure le texte de ces auteurs qui affirment avoir "incendié six fourgons d'intervention et deux camions logistique", un sinistre qui a ravagé "le garage et l'entrepôt sur plus de 1500 m2" sur la caserne grenobloise.

"Ils font tout pour que ça dégénère"

Yannick Biancheri, secrétaire départemental du syndicat Unité-SGP Police dans l'Isère, s'inquiète pour RMC de la montée des violences de ce groupe d'ultragauche.

"Ça fait plusieurs années qu'on a un gros groupe d'extrémistes sur le bassin grenoblois et ils font tout ce qu'ils peuvent pour que ça dégénère avec la police. On les interpelle régulièrement en pleine préparation de manifestations, avec des caddies remplis de boules de pétanques ou de bouteilles remplies d'acide. On est en état d'urgence et ils n'hésitent pas à rentrer dans un commissariat avec tous les risques que ça encourt, pour y mettre le feu. J'espère que la justice, si on les trouve, répondra durement parce qu'aujourd'hui on y laisse une gendarmerie, et demain ce sera un ministère et pourquoi pas l'Élysée." 

Cinq véhicules détruits à Limoges

À Limoges, ce sont cinq véhicules du groupement de gendarmerie de Haute-Vienne qui ont été détruits dans la nuit de lundi à mardi. Le texte de revendication avait aussi été posté en ligne le lendemain. Dans les deux affaires, des enquêtes sous l'égide des parquets ont été ouvertes, confiées aux sections de recherche de gendarmerie.

La mouvance dite aussi de gauche radicale avait été très active contre la loi Travail et maintenant contre le projet d'ordonnances réformant le Code du travail. Elle s'inscrit aussi dans d'autres luttes comme celle contre le site d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse.

C.H.A. avec AFP