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PV annulés contre faveurs sexuelles: un CRS accusé de viol

Un CRS qui contrôlait des automobilistes sur l'A13 est accusé de viol.

Un CRS qui contrôlait des automobilistes sur l'A13 est accusé de viol. - Patrick Bernard - AFP

Un ancien CRS comparaît à partir de ce lundi devant la cour d'assises des Yvelines. Le policier proposait à des femmes contrôlées sur l'A13 de lever leurs PV contre des faveurs sexuelles. Il est poursuivi pour viol et agressions sexuelles.

Révoqué par sa hiérarchie, un CRS de 28 ans doit maintenant répondre à la justice. Cet ancien CRS comparaît devant la cour d'assises des Yvelines ce lundi notamment pour des faits de viol, agressions sexuelles commis entre 2011 et 2013. Durant cette période, révèle Le Parisien, le policier contrôlait des jeunes femmes en voiture à qui il proposait de fermer les yeux sur des amendes si elles consentaient à des faveurs sexuelles. En tout, dix femmes auraient été victimes de ce chantage. L'une d'entre elle, a expliqué avoir été violée à deux reprises. D'autres ont relaté des faits d'agressions sexuelles ou d'exhibition sexuelle. 

Cette affaire a pu être révélée en 2013 après la plainte d'une journaliste de 35 ans. Contrôlée à Orgeval sur l'A13, le policier relève une séries d'infractions sur sa voiture pour un montant de 270 euros d'amende. Alors qu'il part rédiger le PV dans sa voiture, le fonctionnaire demande à l'automobiliste de le rejoindre. Il lui propose alors, pantalon baissé, d'oublier la verbalisation si la jeune femme se montre conciliante. Une proposition qu'elle refuse catégoriquement alors que le CRS décide finalement de ne pas la verbaliser. Le lendemain, l'automobiliste porte plainte au commissariat de Boulogne-Billancourt. Le CRS, qui avait suivi la jeune femme jusqu'à son domicile est rapidement identifié grâce à la vidéosurveillance. 

Déjà suspendu 9 mois en 2011

Dans son casier, les enquêteurs de l'Inspection général de la police nationale (IGPN) vont retrouver des photocopies des papiers d'identité de plusieurs femmes contrôlées, qui permettront de remonter jusqu'aux victimes.

En garde à vue, si le policier a reconnu les faits d'exhibition sexuelle envers la journaliste, il a en revanche nié les faits de viol. Le policier a également relativisé les faits d'agressions sexuelles, indiquant que les victimes avaient été consentantes ou provocatrices. En 2011, le CRS avait déjà été suspendu neuf mois pour avoir proposé à une jeune femme interpellée en état d'ébriété de détruire son PV contre une nuit avec lui. La cour d'assises des Yvelines doit rendre son verdict ce vendredi.

C. B