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PSG: Valls et le préfet de police chahutés par l'opposition

Les festivités pour le titre du PSG à Paris ont vité tourné à l'émeute.

Les festivités pour le titre du PSG à Paris ont vité tourné à l'émeute. - -

Au lendemain des graves incidents qui ont émaillé les festivités pour le titre du PSG, l'opposition s'est mise en quête de responsables, tandis que la police cherche à connaître le profil des casseurs de la veille.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et le préfet de police Bernard Boucault, dont la droite a demandé le limogeage, ont été la cible des attaques de l'opposition mardi sur les responsabilités des violences qui ont émaillé les festivités pour le titre du PSG, faisant 32 blessés et entraînant la mise en garde à vue de 38 interpellés.

Interrogé sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur a rappelé que "les responsables sont les casseurs", n'hésitant pas quelques heures plus tard à l'Assemblée à s'en prendre vivement à la droite, qu'il a accusé de préférer "le désordre à l'ordre". "Aujourd'hui, on ne vous entend pas concernant les coupables, les ultras et les casseurs qui défient les lois et l'autorité!"

Mais pour l'UMP, qui a exigé une commission d'enquête à l'Assemblée, le compte n'y est pas. "Si le ministre de l'Intérieur ne tire pas immédiatement les conséquences des débordements de lundi soir en démettant le préfet de police, c'est alors Manuel Valls lui-même qui sera en première ligne pour en assumer la responsabilité", a averti Jean-François Copé, l'ex-ministre UMP dans un entretien au Figaro.

Ultras et jeunes de banlieue, responsabilité partagée?

Les interrogations tournent autour du "profil" des fauteurs de troubles. Les perturbateurs étaient-ils d'anciens "ultras", victimes de la politique de sécurisation du Parc des Princes mise en place il y a trois ans par le précédent président du PSG Robin Leproux, en réaction à de nombreux débordements? Ou bien les violences étaient-elles l'oeuvre de "casseurs" de banlieues?

"Quand je lis que ce sont des ultras et des hooligans qui ont causé ces débordements, que les anciens problèmes resurgissent, je me dis qu'on mélange tout", estime le politologue Mathieu Zagrodzki, spécialiste des questions de sécurité et habitué des tribunes du Parc des Princes. "Ce à quoi nous avons assisté ressemble plus aux violences urbaines dans les banlieues ou aux manifestations étudiantes qui dégénèrent, avec une forte présence de jeunes issus des cités."

Pourtant, de nombreux témoins, notamment interrogés par le magazine SoFoot, rapportent que c'est le déploiement d'une banderole des ultras au sommet des échafaudages sur la place du Trocadéro qui a mis le feu aux poudres, déclenchant ensuite une vague de violences de "casseurs", qui ne faisaient pas partie de leurs rangs.

Les dirigeants sportifs assument leur "faute"

Co-organisateurs de la manifestation, le PSG et la Ligue de football professionnel (LFP) ont endossé une partie des responsabilités. "J'assume, bien évidemment, ma part de responsabilité dans ce fiasco, puisque j'avais donné mon accord pour que le trophée soit remis, non dans l'enceinte du Parc des Princes, mais en ville, afin d'en faire profiter tous les Parisiens, qui attendaient un titre depuis 19 ans", a expliqué le président de la LFP, Frédéric Thiriez.

"La responsabilité est partagée", a estimé Jean-Claude Blanc, le directeur général du PSG, après une réunion d'environ une heure Place Beauvau avec Manuel Valls, la ministre des Sports Valérie Fourneyron, le Préfet de Police de Paris Bernard Boucault et Frédéric Thiriez, notamment. "Il est de plus en difficile d'organiser des manifestations autour du sport dans Paris sans voir ces phénomènes qui dépassent largement le cadre du football, du PSG et du sport".


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Alexandra Gonzalez avec AFP