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Producteur frappé par des policiers: ce que les agents ont écrit dans leur procès-verbal

Les images de vidéosurveillance montrant l'interpellation violente du producteur de musique.

Les images de vidéosurveillance montrant l'interpellation violente du producteur de musique. - BFMTV

Le préfet de police de Paris a demandé la suspension des trois policiers filmés en train de frapper violemment un homme. Une enquête est également ouverte par le parquet de Paris.

Samedi soir, Michel, un producteur de musique et gérant de la société de production Black Gold Studios, a terminé en garde à vue pour 48 heures pour "outrage" et "rébellion" au terme d'une interpellation brutale et violente menée par trois policiers. La vidéo de cette arrestation, rendue publique par Loopsider, fait polémique et le préfet de police de Paris a réclamé la suspension de ces trois agents au directeur général de la police nationale.

Pour justifier cette intervention, les trois policiers, qui appartiennent à la brigade territoriale de contact du 17e arrondissement de Paris, ont rédigé un procès-verbal, que BFMTV a pu consulter. Le document a été écrit le dimanche 22 novembre à 18h35 presque 24 heures après l'interpellation de Michel.

"Dangereux à notre égard"

Le producteur de musique a indiqué qu'il se rendait samedi soir à son studio. Il a alors croisé cette patrouille de police. Ne portant pas de masque, il dit s'être précipité dans ses locaux pour échapper à une éventuelle amende. Selon le récit fait par les policiers, l'homme circulait dans la rue, sans masque. Il sortait de son véhicule, d'où émanait une forte odeur de cannabis. C'est à ce moment qu'ils ont voulu l'interpeller avant que l'homme ne rentre dans l'établissement "recevant du public".

"Alors que nous tentons de le saisir par le bras pour le maintenir sur place, il se débat en nous repoussant à l’aide de ses mains et se précipite par la porte", écrivent les agents.

Les policiers disent avoir "été tirés de force" dans le local par l'homme. Le producteur de musique dit lui avoir été "suivi" par les policiers et a d'ailleurs raconté avoir crié "à l'aide" à l'attention de passants dans la rue mais aussi pour alerter un groupe de musique qui enregistrait une chanson au sous-sol du studio.

"L’individu nous repousse à plusieurs reprises avec ses bras en tentant de nous porter des coups et en hurlant des prénoms comme pour solliciter de l’aide, afin d’échapper à notre emprise", indiquent encore les agents estimant que l'homme est "dangereux" à leur égard les contraignant à "effectuer une amenée au sol de l’individu".

Une enquête pour "faux en écriture publique"

Les policiers parlent alors de "débâcle" et assurent que le producteur de musique a tenté de se saisir de leur arme de service. "Nous recevons à plusieurs reprises des coups au niveau du visage émanant de l’individu", écrivent-ils encore, indiquant qu'ils ne "parvenaient pas à s'extraire du local". Ils disent avoir appelé des renforts à ce moment-là.

"Le gardien X, se saisit de sa matraque télescopique et porte plusieurs coups au niveau du ventre, des jambes et des bras de l’homme, écrivent les agents dans leur procès-verbal. L’homme tente de se saisir de la matraque télescopique."

La scène suivante est filmée par des habitants des immeubles voisins. Les policiers appelés en renfort interpellent le producteur de musique ainsi que les neuf artistes du groupe de musique. Michel est alors placé en garde à vue pour "outrage" et "rébellion". Le parquet de Paris a toutefois classé l'affaire sans suite, estimant que le chef de rébellion n'était pas caractérisé.

Par ailleurs, la justice a ouvert une enquête contre les trois policiers pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique". Elle enquête également sur des faits de "faux en écriture publique", c'est-à-dire qu'elle soupçonne les policiers d'avoir inventé les faits de rébellion pour justifier la garde à vue du producteur de musique. Les investigations ont été confiées à l'IGPN.

Mélanie Bertrand et Justine Chevalier