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Procès du meurtre d'Arthur Noyer: Nordahl Lelandais présente ses excuses après le témoignage de sa mère

Le procès de Nordahl Lelandais pour le meurtre du caporal Arthur Noyer s'est ouvert ce lundi. Sa mère a témoigné à la barre, donnant son éclairage sur la vie de son fils, soupçonné par ailleurs d'être l'assassin de la petite Maëlys. Elle a exigé de ce dernier qu'il dise la vérité aux parents de la victime.

"Bien sûr, maman, je vais le faire (...) je vais présenter toutes mes excuses à la famille d’Arthur Noyer". Entendu à compter de ce lundi par la cour d'assise de Chambéry au sujet du meurtre du caporal Arthur Noyer, Nordahl Lelandais s'en est tenu à sa thèse d'un homicide involontaire. Mais le témoignage de sa mère à la barre, s'il n'a pas fait vaciller sa position sur le fond de l'affaire, l'a poussé à exprimer ses remords aux parents de la victime.

"Ce qu'il a fait, je l'ai pas vu venir"

Cette première journée du procès ne visait pas à examiner les faits survenus en avril 2017, mais à faire la lumière sur la vie de Nordahl Lelandais, accusé dans un autre dossier d'avoir enlevé et tué la petite Maëlys de Araujo. Après que Nordahl Lelandais a réaffirmé en début d'audience "n'avoir jamais voulu donner la mort" à Arthur Noyer, sa mère, Christiane, 72 ans, s'est présentée à la barre. Elle a dit sa stupeur devant des événements qu'elle n'a "pas vu venir" et dressé un aperçu du cadre familial dans lequel son fils a grandi.

“On était une famille normale. C’était un enfant désiré", a-t-elle posé, illustrant plus tard: "On partait en vacances en Espagne". Elle a souligné que son fils était "doux, gentil" et n'avait "pas fait de bêtise à l'adolescence". "Il aimait la nature, les copains. En tant qu’adulte, il a eu sa vie... Ce qu’il a fait, je l’ai pas vu venir", a-t-elle lâché.

Auditionnée elle aussi ce lundi, l'enquêtrice de personnalité avait également tracé une jeunesse des plus classiques, brossant une "enfance simple, sans histoire" suivie "d’un passage à l’armée avorté par un accident du travail et des problèmes avec sa hiérarchie".

Tandis que les excès et addictions de son fils sont apparus au fil de l'enquête, la mère de famille a répliqué qu'"à la maison, il ne buvait pas", mais elle a évoqué l'emprise de la drogue.

"J'ai été pas mal agressée"

Maître Boulloud, avocat des parents d'Arthur Noyer, a souligné: "Vous avez dit que vous aviez retrouvé votre fils.... C’est très dur à entendre pour les parents d’Arthur, eux ne le retrouveront jamais. C’est votre fils qui a donné la mort à Arthur, même si vous n’y êtes pour rien".

La mère de Nordahl Lelandais est revenue sur le comportement de son fils, au cœur d'une année 2017 lors de laquelle il a tué deux personnes. "Sur le plan psychologique, je n’ai rien remarqué, mais mon fils, c’est un taiseux", a d'abord rétorqué la septuagénaire, ajoutant: "Il me fuyait". Si elle a assuré lui faire "maintenant confiance", elle a lancé: "Quand il m’avait dit qu’il n’y était pour rien droit dans les yeux, c’était très dur. Il s’est mis à mentir sûrement car il avait honte".

Elle a par ailleurs listé ses difficultés personnelles depuis les drames, comme l'a tweeté l'une de nos journalistes sur place, un récit qui a provoqué les pleurs de l'accusé: "J'ai été pas mal agressée, j'ai été obligée de prendre mon nom de jeune fille quand j'ai été hospitalisée pour ne pas être embêtée".

"Je te demande de dire toute la vérité"

C'est alors que maître Boulloud a proposé à son interlocutrice de s'adresser à son fils. "Je te demande, Nordahl, de dire toute la vérité pour les parents d’Arthur", a-t-elle intimé. Nordahl Lelandais a d'abord répondu: "Bien sûr, maman, je vais le faire. Je sais que ce moment est très difficile, très dur pour toi. Mais Maître Boulloud, j’ai l’impression que vous êtes en train de faire le procès de ma mère". Après cette protestation, il a enchaîné:

"Je n’ai pas eu l’occasion, je vais le faire maintenant, je vais présenter toutes mes excuses à la famille d’Arthur Noyer. La première chose que j’ai vue en entrant dans cette salle, c’est la photo d’Arthur (un portrait du jeune homme a été disposé dans la salle, NDLR). Ils sont très peinés aujourd’hui, plus que moi... Je suis le dernier maillon de la chaîne, je ne me permets pas de les regarder, je ne me permets pas, par respect".

Le président a alors voulu savoir si cette déclaration l'amenait à reconnaître un éventuel caractère intentionnel dans le meurtre. "Je réitère ce que j’ai dit ce matin, je n’ai pas voulu donner la mort à Arthur Noyer", a évacué Nordahl Lelandais.

Mélanie Bertrand, avec R.V.