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Procès du jeune Andy : la cour ordonne le huis clos

Le village de Borgo, en Corse, où le jeune Andy est incarcéré depuis trois ans.

Le village de Borgo, en Corse, où le jeune Andy est incarcéré depuis trois ans. - -

La cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud a ordonné lundi le huis clos pour le procès d'un garçon de 19 ans accusé d'avoir tué par balles, en 2009, ses parents et ses deux frères.

Andy, 19 ans, qui a assassiné toute sa famille à coups de fusil, la nuit du 11 août 2009, avait souhaité que les débats soient publics. La cour d'assises des mineurs de Corse-du-Sud en a décidé autrement, qui a ordonné ce lundi le huis-clos, en raison de la "personnalité de l'accusé".

Le président de la cour, David Macouin, a jugé sa demande "recevable", mais a évoqué sa "fragilité psychologique" et le besoin de "protéger ce jeune majeur des incidences d'un procès public" pour justifier la tenue des débats à "publicité restreinte", en vertu de l'article 306 du code de procédure pénale.

"Un débat calme, plein, serein"

Dans la nuit du 11 août, Andy, alors âgé de 16 ans, s’était éveillé. Il s'était rendu au râtelier d’armes à feu de son père et emparé de sa Winchester. Puis il était allé abattre son père, sa mère et ses deux frères jumeaux âgés de 10 ans, qui dormaient dans la maison.

"Il n'y a pas de volonté de la cour d'écarter les médias, les seuls éléments pris en compte sont ceux qui concernent la personnalité de l'accusé", a déclaré le président, après s'être retiré avec ses deux assesseurs - des juges pour enfants - pendant près d'une heure.

"Débat calme, plein et serein"

Des affichettes portant la mention "huis clos" ont aussitôt été apposées sur les portes de la salle d'audience, où s'était ouvert le procès en début d'après-midi. Le verdict est attendu vendredi. Le ministère public et les parties civiles - les familles maternelle et paternelle de l'accusé - avaient réclamé le huis clos.

L'avocat général, Valérie Tavernier, avait souhaité "un débat calme, plein et serein", tandis que les parties civiles dénonçaient la cinquantaine de journalistes présents dans la salle d'audience.

"Je ne crois pas qu'il est de l'intérêt de la société de se repaître de ce drame atroce qui a déjà donné lieu à un grand battage médiatique", avait estimé l'un de leurs avocats, Me Jean-Michel Mariaggi.