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Procès des attentats de janvier 2015: pour l'avocat de Zarie Sibony, sa cliente avait le "besoin de venir raconter l'horreur"

Me Elie Korchia, avocat d'une ex-otage de l'Hyper Cacher.

Me Elie Korchia, avocat d'une ex-otage de l'Hyper Cacher. - BFMTV

Ce mardi, devant la cour d'assises spéciale du tribunal judiciaire de Paris, au procès des attentats de janvier 2015, ce sont les proches des victimes et des rescapés de l'Hyper Cacher qui sont venus témoigner.

"Un besoin de venir témoigner". Ce mardi, devant la cour d'assises spéciale du tribunal judiciaire de Paris, au procès des attentats de janvier 2015, ce sont les proches des victimes et des rescapés de l'Hyper Cacher qui sont venus témoigner. Parmi eux, Zarie Sibony, ex-caissière du magasin, qui a fait le trajet depuis Israël où elle a trouvé refuge après les attentats.

"Je sens chez Zarie que c'est un besoin de venir témoigner, de venir dire la vérité, de venir dire ce qu'il s'est passé, de venir raconter l'horreur que peut créer un terroriste qui s'attaque aux victimes de l'Hyper Cacher. Elle le prend comme une mission et c'est important pour elle qu'elle le fasse", a expliqué son avocat, Elie Korchia, invité de BFMTV ce mardi soir.

"Un récit glaçant"

Son témoignage "était extrêmement bouleversant [...] par les éléments de vérité qu'elle a livrés à la cour d'assises", a-t-il décrit sur notre plateau, permettant selon lui d'affirmer "qu'on est clairement dans une tuerie et une prise d'otages meurtrière antisémite".

"Elle a fait un récit glaçant de ce qu'il s'est passé pendant ces quatre heures. C'est elle que le terroriste prend comme interlocutrice pendant toute la prise d'otage. C'est elle qui se retrouve confrontée aux quatre personnes qui à un moment donné vont mourir devant elle. Ce sont des images terribles qu'elle a raconté aujourd'hui", a-t-il ajouté.

Une scène qui est "re-vécue constamment"

L'avocat représente également Andréa Chamak, une autre ancienne caissière de l'Hyper Cacher, qui n'a pas fait le déplacement depuis Israël où elle habite désormais. "Ce n'est pas une question de courage. C'est une question de force", a-t-il tenu à préciser.

"Est-ce-qu'on a la force quand on a vécu tout cela de pouvoir verbaliser, de pouvoir dire ce qu'il s'est passé, de pouvoir venir devant la cour d'assises? Certains, qui habitent à 600 mètres, n'ont pas la force de pouvoir venir. Zarie a fait 4500 kilomètres. Andréa, qui avait 20 ans au moment des faits, c'était trop dur pour qu'elle vienne", a poursuivi l'avocat.

Pour Me Elie Korchia, il s'agit d'une scène qui est "re-vécue constamment", que ce soit "pour les ayants droit, les gens qui ont perdu leur père, leur fils" ou que ce soit "pour des témoins directs comme Zarie".

"La vie se poursuit, mais dès qu'on arrive au procès ou aux dates d'anniversaire, on revit la situation, ce qu'il s'est passé", a-t-il ajouté.
Clément Boutin Journaliste BFMTV