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Procès de l'A13: de 14 à 30 ans requis contre huit accusés

Entre 14 et 30 ans de réclusion ont été requis mardi contre 8 accusés mercredi (photo d'illustration).

Entre 14 et 30 ans de réclusion ont été requis mardi contre 8 accusés mercredi (photo d'illustration). - -

Neuf personnes comparaissent devant la cour d'assises des Yvelines pour avoir battu à mort un automobiliste sur une bretelle de l'autoroute A13, en 2010.

Mohamed Laidouni a été "exécuté", "lynché". Mercredi, le parquet a requis entre 14 à 30 ans de réclusion contre huit des neuf personnes mises en cause dans le meurtre de cet automobiliste, battu à mort sous les yeux de sa famille sur l'autoroute A13 en 2010.

Dans ce procès qui s'est ouvert il y a dix jours, l'avocate générale a également requis 4 ans de prison, dont un avec sursis, contre la conductrice de la Renault Clio qui avait eu l'accident avec le véhicule de la famille de la victime, à l'origine de la rixe mortelle.

Les faits remontent au 27 juin 2010. La conductrice de la Clio avait heurté le véhicule d'une famille sur une bretelle de l'A13. Les véhicules s'étaient arrêtés sur la bande d'arrêt d'urgence, mais la conductrice avait refusé de faire un constat. Le ton était monté et son passager avait appelé des amis en renforts.

Quelques minutes plus tard, une dizaine de personnes de la cité voisine était arrivée sur les lieux. Le conducteur de l'autre véhicule, Mohamed Laidouni, avait été roué de coups sous les yeux de sa mère, de ses frères et de sa femme. Il avait succombé le lendemain.

"Ils l'ont lynché au sol"

Ces peines lourdes requises mercredi, la représentante du parquet les a justifiées par "l'intention de tuer" des accusés. "La victime n'est pas morte d'une vilaine chute. Elle a été exécutée, ils l'ont lynché au sol", a-t-elle insisté devant des accusés impassibles, recroquevillés sur leur banc.

L'avocate générale a également fustigé l'attitude des accusés qui ont minimisé leur responsabilité devant la cour. "Ils font partie de la même bande, entre eux gouverne la loi du silence. Dans les quartiers, on ne parle pas", a-t-elle reproché.

Fratries très nombreuses, parcours scolaire chaotiques, casiers judiciaires chargés, pères parfois polygames: les débats ont mis en évidence de multiples similitudes entre les agresseurs présumés. Les jeunes habitaient tous la cité, réputée difficile, des Musiciens aux Mureaux (Yvelines), et se connaissent depuis toujours.

Mais pour Me Aurélien Barbaut, l'un des avocat de la défense, "il faudra quand même que la cour isole les responsabilités. On sait très bien qu'ils ne sont pas tous impliqués de la même manière".


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