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Prisons: les surveillants crient leur colère

Un détenu dans sa cellule de la prison des Baumettes, à Marseille, en décembre dernier.

Un détenu dans sa cellule de la prison des Baumettes, à Marseille, en décembre dernier. - -

Les surveillants de prison ont bloqué, mardi, les entrées de nombreux centres pénitenciers. Ils réclament plus d'effectifs, alors que le nombre de détenus n'a jamais été aussi élevé.

Le monde pénitentiaire est en ébullition. Plusieurs centaines de surveillants de prison partout en France ont manifesté, mardi matin, devant leur établissement pour exprimer leur "ras-le-bol" devant la "déroute" de la politique carcérale, alors que le nombre des détenus a atteint un nouveau record au 1er juin, avec 67.977 prisonniers, pour seulement 57.325 places. En cause, la surpopulation carcérale, le manque de moyens, mais aussi le "démantèlement de la sécurité" des établissements et des personnels.

A Fleury-Mérogis, les surveillants ont mis le feu à deux barricades. Dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, ils ont bloqué la quasi-totalité des établissements pénitentiaires dans la matinée, et notamment la maison d'arrêt de Sequedin, dans le Nord, d'où s'était échappé mi-avril le braqueur Redoine Faïd. Situation identique dans le Rhône, en Isère, dans le Puy-de-Dôme, en Savoie, dans l'Ain, dans l'Ouest, mais aussi à Dijon et devant les Baumettes à Marseille.

Danger sur l'accompagnement contre la récidive

Fait exceptionnel, ils pourraient être rejoints dans leur combat par les directeurs des services pénitentiaires d'insertion et de probation, dont les conseillers accompagnent les condamnés hors de prison. Ils ont annoncé leur intention d'entamer une grève du zèle, démarche rare, afin d'exiger de la Chancellerie des moyens et un cap pour leur action.

"Nous ne sommes plus dans l'attentisme ou dans la perspective de nous satisfaire d'éventuels propos emphatiques et sans lendemain", écrivent dans un courrier à la garde des Sceaux quelque 130 directeurs et cadres de ces services en première ligne dans la lutte contre la récidive. "Le temps où nos services tiennent tant bien que mal grâce à l'investissement de tous les agents travaillant bien au-delà des temps réglementaires sans compensation salariale doit cesser."

Le 25 avril dernier, dernière condamnation en date, la Cour européenne des droits de l'homme pointait un "traitement dégradant" infligé aux détenus. Le comédien Pierre Arditi et le chef d'entreprise Henri Lachmann ont lancé lundi un appel à la ministre de la Justice Christiane Taubira afin que le projet de prison expérimentale de Pierre Botton soit lancé.


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