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Primes en liquide : « Ça existe toujours », raconte un policier sur RMC

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Mis en cause depuis mardi dans une affaire de fonds suspects, l'ex-ministre de l'Intérieur Claude Guéant affirme qu'une partie de ces fonds provient de primes non déclarées du ministère, touchées par des milliers de fonctionnaires. Dans les GG ce jeudi, un policier confirme qu'il touchait des primes.

Qu’il dise vrai ou qu’il mente pour se défendre, Claude Guéant a peut-être mis au jour un système de primes en liquide non déclarées pour les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur qui crée la polémique. Mis en cause après la découverte sur son compte de 500 000 euros dont la provenance est mystérieuse et des paiements en liquide non déclarés, l’ancien ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy affirme depuis pour sa défense qu’une partie de ces sommes provient de ses primes de cabinet, des fonds secrets non déclarés au fisc qui auraient dû disparaitre en janvier 2002. Des primes « qui auraient été versées à des milliers de fonctionnaires », ajoute Claude Guéant. « Un gros mensonge », déclarait ce mercredi sur RMC et BFMTV Laurent Berger, le leader de la CFDT. « Ce qu’a fait Claude Guéant à l’égard des fonctionnaires de l’Intérieur est très insultant. Ça les salit », a-t-il ajouté, précisant « qu’il n’y a plus dans les cabinets, depuis Jospin (en 2002, NDLR), d’argent en liquide qui circule, et il n’y a jamais eu en direction des fonctionnaires de l’Intérieur de l’argent liquide ».

« Ça arrivait de la direction sur les commissaires et chefs de service »

Sauf qu’il semblerait que cette pratique a bien existé, et même qu’elle perdure, selon Cédric, un policier vendéen qui faisait partie d’une brigade policière, Quai des Orfèvres, à Paris, et qui l'a affirmé ce jeudi au micro des Grandes Gueules sur RMC : « Ça existe toujours. Ce n’est pas déclaré. Ça arrivait de la direction sur les commissaires, sur les chefs de service… En fonction du grade, du positionnement et en fonction des missions réalisées (...), on pouvait toucher 200, 300 ou 400 euros par mois en fonction des affaires. Parfois on touchait juste 70 euros. Des primes qui ne sont absolument pas déclarées ». Si lui n’en touche plus depuis qu’il a changé de service, il assure que « ça existe toujours, dans les brigades des stups (stupéfiants, NDLR) ».

Philippe Gril avec les GG