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Police-Justice

Préfecture de police de Paris: les policiers sous le choc après une attaque de "l'un des leurs"

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- - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Alors que les policiers manifestaient ce mercredi pour dénoncer les dégradations de leurs conditions de travail et la recrudescence d'actes de violence à leur égard, ils expriment leur émotion ce jeudi après l'attaque qui a eu lieu à la préfecture, perpétrée par un employé.

Un fonctionnaire administratif a attaqué au couteau ses collègues dans l'enceinte de la Préfecture de police de Paris, ce jeudi. Quatre personnes et l'assaillant sont morts. Les raisons de son geste ne sont pas connues mais la piste interne est privilégiée, selon nos informations. 

Dans les rangs de la police, tous expriment leur choc ce jeudi. Alors qu'ils manifestaient la veille pour dénoncer les dégradations de leurs conditions de travail et la recrudescence d'actes de violence à leur égard, ils expriment leur émotion de voir, cette fois-ci, l'un des leurs se retourner contre eux. 

"C'est vraiment effroyable, quelqu'un comme ça en interne qui s'en prend à ses collègues. C'est du jamais vu, c'est terrible pour tous ceux qui travaillent ici", a réagi sur BFM Paris Yvan Assioma, secrétaire régional Paris d'Alliance police nationale.

"La préfecture de Police est éprouvée par un drame terrible. Nos pensées vont à nos collègues tués et à leurs familles que nous n'abandonnerons pas", a réagi l'institution sur Twitter peu avant 19h30.

Depuis Rodez, Macron quant à lui, tenu à rendre hommage aux victimes demandant aux personnes présentes de se lever pour observer une minute de silence.

"Du jamais vu"

"C'est du jamais vu: quatre policiers tués en même temps, au même endroit, par l'un des leurs", explique Dominique Rizet, consultant police-justice sur notre antenne. "Les victimes travaillaient avec cet homme depuis 20 ans sur des missions très sensibles."

"Le fait que cet acte se produit dans un bâtiment institutionnel va ajouter à la psychose générale", déplore Loïc Travers, du syndicat Alliance police nationale. "Certains policiers vivent déjà avec beaucoup de difficultés certaines violences ou tout ce qu'ils rencontrent sur le terrain. S'ils se sentent aussi en danger dans un bâtiment administratif, cela va donner du mal-être supplémentaire."

Alors que 52 membres des forces de l'ordre se sont suicidés depuis le début de l'année, les policiers alertent contre un climat de haine envers leur profession. Ces derniers expliquent être de plus en plus souvent pris à parti lors d'interventions, ou agressés lors de manifestations. En parallèle, ils déplorent de voir leurs conditions de travail se dégrader. 

"On est dans un contexte professionnel compliqué avec des conditions de travail délicates et l'impression de ne pas être entendu par notre hiérarchie", explique Alexandre Langlois, secrétaire général VIGI police précisant que les motivations de l'assaillant ne sont pour le moment par connues. "Ce n'est pas la première fois qu'un policier pète les plombs. On verra ses raisons et ses motivations", poursuit-il rappelant "qu'il y a un an ou deux, un policier avait tué sa femme et ses enfants avant de se suicider". 
Cyrielle Cabot