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Pourquoi Redoine Faïd a raté sa cavale

Redoine Faïd est arrivé avec son complice au B&B de Pontault-Combault le 25 mai.

Redoine Faïd est arrivé avec son complice au B&B de Pontault-Combault le 25 mai. - -

Radoine Faïd a été arrêté en région parisienne après six semaines de fuite. Si la police refuse encore de donner les détails ayant mené à son arrestation, quelques éléments ont été révélés dans la presse.

Le 13 avril, vers 8h30, cinq portes de la maison d’arrêt de Senequin, dans le Nord, explosent. Redoine Faïd, braqueur classé par la police dans le grand banditisme, s’échappe après avoir pris cinq personnes en otage.

Dans la nuit du 28 au 29 mai, entre 2 et 3 heures du matin, l’homme est arrêté en compagnie d’un complice dans la chambre numéro 38 d’un B&B de Pontault-Combault, à quinze kilomètres de Villiers-sur-Marne, où s’est déroulé le braquage qui l’a mené en prison. Il encourt la perpétuité. Que s’est-il passé dans cet intervalle?

On ne sait pas vraiment où s’est rendu Redoine Faïd après son évasion spectaculaire, et le procureur de la République, Frédéric Fèvre, n’a donné que peu d’éléments sur le déroulement de l’enquête. Mais un certain nombre de détails ont filtré. Revue de détails.

> Très mobile, trahi par sa voiture

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pense d'abord que Redoine Faïd a été très mobile pendant sa cavale. S’enfuyant à bord d’une voiture qu’il a rapidement abandonnée, il aurait ensuite, selon nos informations, voyagé à bord de la même Peugeot 407 durant ces six semaines.

Ses plaques d’immatriculation volées auraient permis à la police de retrouver sa trace, croit également savoir France 3.

> La fuite déguisée

La fouille de sa chambre d’hôtel permet de confirmer qu’il voyagait grimé: des lunettes ont été retrouvées, des perruques également. L’homme s’est laissé pousser la barbe.

Des outils qu’il a coutume d’utiliser, car lors d’un précédente cavale, il avait été arrêté vêtu d’une perruque. “On aurait pu le croiser dans la rue, personne ne l’aurait reconnu”, a expliqué Christian Lothion, directeur central de la police judiciaire.

> La cavale a un prix

Manquait-il d’argent? La cavale coûte cher, comme le confirme un commissaire au Figaro: “Soit un type en cavale dispose d'emblée d'un magot pour mettre au plus vite trois frontières entre lui et la police, soit il doit se reconstituer une santé financière.” Cette même source n’exclut pas que Redoine Faïd était en train de préparer un coup qui lui aurait permis de mettre les voiles.

Une arme automatique a été retrouvée au pied du lit dans sa chambre d’hôtel, et deux autres armes de poing dans le véhicule.

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> Une fuite en duo

Il est arrivé avec son complice au B&B de Pontault-Combault le 25 mai et aurait payé quatre nuits à la borne automatique de cet hôtel qui permet de ne pas avoir affaire à un guichetier.

Quant au complice, répondant au surnom de "messager" et connu des services de police pour des faits mineurs, les enquêteurs sont convaincus qu’il l’a accompagné durant la cavale et qu'il a joué pour Redoine Faïd le rôle d'éclaireur. Mais rien n’indique qu’il faisait partie de ceux qui l’ont aidé à l’évader.

> Un petit périmètre

Contrairement à ce que laissait entendre la police, “l’enquête mondiale” était en réalité surtout circonscrite en région parisienne, où Redoine Faïd avait ses habitudes.

La police y avait tendu “un filet”, une combinaison de surveillance, de vidéo-surveillance et d’écoutes téléphoniques très ciblées couplées à un incessant travail de renseignements humains, espérant - visiblement à raison- qu’il tenterait d’entrer en contact avec ses proches. Un dispositif payant puisqu’il a permis de l’identifier, malgré lunettes et postiche, dans cette zone il y a trois semaines, comme estime Le Point.

> Perdu par l'attachement à ses proches

Une source proche du dossier, citée par Le Figaro, affirme que c’est bien un coup de fil qui l’a perdu. Le procureur n’a pas démenti: “Pour réussir une cavale, il faut de l'argent et se séparer de ses proches. Ces deux conditions n’étaient pas réunies”, a-t-il affirmé lors de sa conférence de presse.

Selon les informations du Point, qui cite un enquêteur, l’homme ne s’attendait pas être cueilli et a accueilli les policiers le visage hagard, trahi par sa trop grande confiance en soi.

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Olivier Laffargue et Chloé Buffard