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Pour Manuel Valls, "un divorce entre police et société civile serait mortel pour la France"

L'ancien Premier ministre déplore un débat autour de l'article 24 de la loi "sécurité globale" qui "risque de saper l'autorité d'une institution fondamentale".

"On joue sur quelque chose de dangereux." Le regain de défiance envers la police ces dernières semaines inquiète Manuel Valls. "Un divorce entre la société civile et la police serait mortel pour la France", a averti l'ancien Premier ministre ce mercredi matin sur le plateau de BFMTV.

Il a défendu l'article 24 de la loi "sécurité globale" très décrié sur l'encadrement de l'image des policiers, dénoncé par ses critiques comme une entrave à la liberté de la presse.

"On est où là?", s'est-il offusqué. "Il y a quelques semaines, on parlait de la menace terroriste, de la violence à l'égard des policiers. Puis, tout ceci est oublié et maintenant on débat sur la privation de liberté dans notre pays et la mise en cause de la police. On veut quoi? Démolir l'institution policière? Je trouve cela dangereux dans une période où l'on traverse autant de crises", a exposé celui qui vit désormais entre la France et l'Espagne.

Un risque de "saper l'autorité d'une institution"

Si Manuel Valls a reconnu le caractère "sacré" de la liberté de la presse et qualifié "d'inacceptables" les violences infligées par des fonctionnaires au producteur de musique Michel Zecler, il a émis certaines réserves quant à l'émotion qui en a découlé.

"Attention, on passe d'un extrême à l'autre et tout le débat risque de saper l'autorité d'une institution qui vit sa propre crise. On ne peut pas détruire cet outil fondamental qu'est la police face aux crises que nous connaissons", a-t-il estimé.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV