BFMTV

Pour la première fois, Abdelkader Merah s'excuse pour les crimes de son frère

Abdelkader Merah est jugé pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Abdelkader Merah est jugé pour "complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". - AFP

Abdelkader Merah, le frère du "tueur au scooter", est jugé depuis deux semaines pour "complicité d'assassinat". Un procès tendu où les affrontements entre les différentes parties a laissé place ce mardi à des témoignages poignants.

Cinq ans que Mohamed Merah s'est livré à son entreprise meurtrière. Cinq ans que son frère est dans le collimateur des enquêteurs. Cinq ans que les familles des victimes attendent des réponses. Mais il aura fallu un témoignage pour entendre des regrets. Alors que le procès du frère du tueur au scooter est entré dans sa deuxième semaine devant la cour d'assises spéciale, la journée de mardi a été consacrée, en partie, à la parole de "survivants".

Yocov Soussan s'est avancé devant la cour. Le jour de la tuerie de l'école Ozar Hatorah, où quatre personnes, dont trois enfants, ont perdu la vie, ce bénévole a assisté à cette quadruple exécution. Lui-même a été pris en joue par Mohamed Merah mais n'avait pas été atteint par une balle. "Je n’ai pas vu le visage du tireur mais je ressentais cette haine de la part du tireur (...). C'est quelque chose que je n'oublierai jamais, je ne peux plus vivre à Toulouse", souffle-t-il dans le tribunal.

"J'ai honte"

Interrogé par un avocat des parties civiles sur ce qu'il vient d'entendre, Abdelkader Merah lâche alors les mots de "tristesse", de "compassion" et condamne. "Ce n'est pas une question de honte, c'est de la tristesse, comment on peut en arriver là? S'entretuer entre nous, lance le frère Merah, avec un peu de mal pour s'exprimer. Voir ces actes de l’extérieur, c’est insoutenable, bien sûr je condamne les actes de mon petit frère, j’ai honte."

Et de poursuivre: "Je ne m'adresse pas à la cour, je m'adresse à tous les croyants, comme M. Soussan, je suis sincèrement désolé." 

Des mots repris immédiatement tant ils sont rares. "C'est la première fois que vous exprimez des regrets", note Me Morice, l'avocat de la famille Legouad, l'un des militaires tués à Montauban par Mohamed Merah. Mais ces paroles ne convainquent pas: "C'est insupportable de dire que cela concerne la communauté de croyants", tranche l'avocate générale.

Justine Chevalier