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Police-Justice

Policiers morts dans le Nord: pourquoi les forces de l'ordre sont dispensées du port de la ceinture de sécurité

La loi dispense les policiers et gendarmes, comme d'autres professions, de porter leur ceinture de sécurité lorsqu'ils sont en service.

L'enquête sur la collision entre deux véhicules dimanche à Villeneuve-d'Ascq, dans le Nord, dans laquelle trois jeunes policiers ont trouvé la mort, se poursuit et tente de préciser encore les circonstances de l'accident. Des analyses sont notamment en cours pour déterminer lequel des policiers se trouvaient au volant du véhicule lorsque celui-ci a été percuté par une Alfa Romeo qui roulait à contre-sens, prouvant ainsi la violence du choc.

Des expertises sont également menées pour savoir si les policiers portaient leur ceinture de sécurité, a précisé la procureure de Lille.

"Ca peut paraître très surprenant, mais c'est explicable: les policiers, les gendarmes (...) bénéficient d'une dispense de port de la ceinture de sécurité lorsqu'ils sont en service", a détaillé sur BFMTV Eric De Caumont, avocat spécialisé en droit routier.

Une "plus grande commodité" en intervention

Une dispense de port de la ceinture de sécurité est possible, pour les particuliers pour des raisons médicales - et sur présentation d'un certificat - et pour les professionnels, comme les conducteurs ou passagers de véhicule d'intérêt général prioritaire à savoir les policiers, gendarmes, pompiers, ambulanciers, en intervention d'urgence. Les chauffeurs de taxi ou les livreurs en ville faisant du porte-à-porte bénéficient également de cette exception.

"Il y a une tolérance pour les policiers, détaille Denis Jacob, secrétaire général Alternative Police CFDT. Quand on est en intervention, prendre quelques secondes pour retirer sa ceinture, ça peut être quelques secondes de trop pour le sauvetage d'une personne."

"Il s'agit d'avoir une plus grande commodité pour sortir du véhicule", poursuit-il. Matthieu Valet, porte-parole du syndicat indépendant des commissaires de police, abonde, précisant que "la hiérarchie inscite à mettre sa ceinture de sécurité".

"On préfère perdre 3-4 secondes que perdre la vie", explique-t-il, estimant qu'une très large majorité des policiers mettaient leur ceinture.

Un conducteur sous drogue et alcool

Dispense du port de la ceinture de sécurité ou non, de nombreuses voix estiment que la violence du choc était telle, que l'issue aurait été fatale pour les jeunes policiers. Circulant normalement avec le gyrophare allumé, ils conduisaient en urgence une jeune fille de 16 ans, victime de violences, à l'Unité médico-judiciaire de Lille pour un examen clinique. Ceinturée au moment du choc, elle a été très grièvement blessée dans l'accident. Aujourd'hui, son pronostic vital n'est plus engagé.

Le conducteur de 24 ans de l'Alfa Romeo, qui roulait à contre-sens, était sous l'emprise de l'alcool et avait consommé de la drogue. Le compteur de son véhicule est resté bloqué "un peu en dessous de 120 km/h", a précisé la procureure de Lille lors d'une conférence de presse lundi. Le pronostic vital de son passager, âgé de 23 ans, est toujours engagé.

"Le conducteur en tout état de cause ne pourra pas être poursuivi, ce qui n'empêche pas des poursuites contre son passager, conclut Me De Caumont. La seule question qui se pose aujourd'hui est de savoir comment vont pouvoir être indemnisées les victimes et leur famille."

J.C.